Patrick Devedjian s'excuse mais la polémique demeure

Patrick Devedjian, secrétaire général de l'UMP, a traité l'ancienne députée du Rhône Anne-Marie Comparini de "salope" devant les caméras de la chaîne lyonnaise TLM. Ces images reprises sur Internet ont suscité de vives réactions.

Septième du classement des personnalités politiques les moins aimées des Français, selon un sondage de l'institut Novatris publié ce jeudi, Patrick Devedjian a certainement gagné quelques places avoir traité Anne-Marie Comparini, ancienne députée UDF du Rhône, de "salope". Filmée et diffusée par la chaîne de télévision lyonnaise TLM puis relayée sur Internet par l'intermédiaire des sites d'échanges de vidéos, la scène montre le secrétaire général de l'UMP félicitant le député UMP Michel Havard d'avoir battu Anne-Marie Comparini, "cette salope !"

"La télévision dit qu'il était au courant qu'il était filmé, c'est faux. Il avait une conversation dans un cadre totalement privé. Il n'a fait aucune déclaration destinée à être rendue publique sur Mme Comparini", a réagi, dans un premier temps, l'entourage de Patrick Devedjian. Mais devant l'ampleur prise par cette affaire, le président du Conseil général des Hauts-de-Seine a indiqué hier soir, dans un communiqué, qu'il regrettait "son interjection déplacée à l'égard de Madame Anne-Marie Comparini", à qui il renouvelle "son estime et toute son amitié."

Ces images ont en tout cas suscité de nombreuses réactions. "De tels mots me paraissent bien tristes, surtout pour celui qui les prononce. Cela démontre qu'il y a encore du travail sur la place des femmes en politique", a déclaré la principale intéressée. Présidente de la région Rhône-Alpes de 1999 à 2004 avec l'appui des voix du parti socialiste, Anne-Marie Comparini avait déjà eu le droit à la même insulte lors de son élection. Députée UDF sortante, elle était restée fidèle à François Bayrou en se présentant sous l'étiquette MoDem mais a été battue dès le premier tour des législatives.

Marielle de Sarnez, proche de François Bayrou, a pour sa part jugé ces propos "révoltants" et "extrêmement choquants". "Il faut que Patrick Devedjian les retire et s'excuse auprès d'Anne-Marie Comparini, et le plus tôt sera le mieux", a-t-elle ajouté. François Bayrou a indiqué que "ces propos ne visent pas une femme en particulier, mais toutes les femmes en général."

Présent sur tous les fronts depuis son élection, Nicolas Sarkozy n'a pas échappé à la question lors d'un déplacement à Lyon. "Ce n'est pas une façon de parler aux femmes, ni à qui que ce soit d'autre", s'est contenté de commenter le président de la République à propos des déclarations de son successeur au poste de président du conseil général des Hauts-de-Seine.

Au sein de la majorité, Rachida Dati s'est montrée bien plus sévère, estimant qu'il "est intolérable qu'on puisse qualifier ainsi une femme, politique ou pas". Dominique Perben, député UMP de Lyon et candidat à la mairie en mars prochain, a également réagi. "Je déplore de tels propos et réaffirme mon estime à Anne-Marie Comparini," a-t-il indiqué.

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