Les prix des marques de distributeurs ne cessent d'augmenter

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Alors que le pouvoir d'achat constitue l'un des thèmes forts de la rentrée, une étude révèle que les prix des produits alimentaires des marques de distributeurs (MDD) ne cessent d'augmenter, alors que ceux des grandes marques, à l'inverse, continuent à baisser.

Les prix des produits alimentaires de marques de distributeurs (MDD) n'ont cessé d'augmenter depuis la réforme de la loi Galland sur la revente à perte début 2006, à l'inverse des grandes marques qui continuent de baisser, selon une étude de Nielsen Panel International. L'étude indique en effet que les prix des MDD ont augmenté de 1,11% en juin, alors que les grandes marques ont continué de reculer, de 2,97%. L'écart entre les MDD et les grandes marques se réduit rapidement depuis la réforme en 2006 de la loi Galland sur la revente à perte.

Cette loi de 1996 avait débouché sur le creusement de cet écart, en provoquant une explosion des "marges arrière". Les marges arrières sont des sommes payées par les fournisseurs de grandes marques, exigées par les distributeurs, en échange de prestations commerciales réelles (mise en valeur du produit en tête de gondole, campagne d'affichage ) ou supposées.

La Loi Galland avait pour but de protéger les petits commerçants, en empêchant la grande distribution de répercuter l'ensemble des réductions et des marges arrières dans le prix de vente aux consommateurs. Mais Luc Chatel, secrétaire d'Etat à la Consommation et au tourisme, avait annoncé le 10 août dernier qu'il fallait "redonner de la concurrence au bénéfice du consommateur". La réforme "permettra de réintégrer dans le prix de vente final l'ensemble des avantages obtenus par les distributeurs", ce qui devrait "permettre de baisser de l'ordre de 3 à 7% les prix des grandes marques dans la grande distribution" avait-il alors expliqué. La réforme vise à plafonner progressivement ces "marges arrières".

L'étude nuance cette évolution du prix selon le circuit de distribution : dans les hypermarchés où l'offre des produits de grandes marques est la plus abondante, les prix ont baissé de 0,76% en juin, alors qu'ils ont augmenté de 0,22% dans les supermarchés. Il s'agit des prix en général, car les prix des grandes marques ont pour leur part chuté, dans les hypers comme dans les supers : une chute de 3,26% sur un an en juin pour les hypermarchés, et de 2,45% dans les supermarchés.

Cette étude survient alors que le pouvoir d'achat est un thème fort de la rentrée. Le gouvernement, s'est déjà saisi du dossier, l'équipe de François Fillon multipliant les annonces contre la vie chère. Cela va du premier ministre dénonçant les abus dans la téléphonie jusqu'à Christine Lagarde, ministre de l'Economie, recommandant la vigilance sur le prix du pain. Celle-ci a d'ailleurs indiqué que des annonces "en matière de pouvoir d'achat" devraient figurer au programme de l'université du Medef, à laquelle elle sera présente demain.

Et comme le prix du cartable devrait peser lourd dans le budget des familles cette année, Xavier Darcos, ministre de l'éducation nationale, en a été de ses conseils pour minimiser la facture des fournitures scolaires. Il a même annoncé hier que les grandes enseignes de la distribution se sont engagées à offrir trente produits de première nécessité au même prix que l'an dernier. Une enquête récente de Familles de France révélait dernièrement que cette rentrée scolaire reviendrait à 206,68 euros pour un enfant entrant en sixième, soit 2,06% de plus que l'année dernière, après trois années de prix relativement stables.

Les syndicats, eux aussi, font entendre leur voix sur ce thème du pouvoir d'achat, l'un des "problèmes chauds" de la rentrée pour le secrétaire général de Force ouvrière Jean-Claude Mailly. Il a par ailleurs affirmé sentir "qu'il y'avait une ouverture, que le gouvernement était prête à examiner une discussion pour 2007 pour les salaires" des fonctionnaires. Il a affirmé qu' "on ne répond pas uniquement au pouvoir d'achat en essayant de contenir les prix" comme voulait le faire jusqu'à présent le gouvernement", ajoutant qu'il "faut purger les problèmes chauds et les problèmes chauds aujourd'hui, c'est notamment le pouvoir d'achat".

La CFTC, inquiète elle aussi de la hausse des prix annoncée pour la rentrée, a demandé dans un communiqué que soient "réformées les modalités de fixation du Smic afin de tenir compte de la structure de consommation réelle des ménages les plus démunis". Son secrétaire général, Jacques Voisin, demandera aussi "la création d'une instance qui évalue les pratiques de la grande distribution", car "l'augmentation du pouvoir d'achat, c'est tout autant l'augmentation des salaires que la maîtrise des prix", précise le communiqué.

Malgré la volonté affichée du gouvernement, les Français se montrent sceptiques sur cette question du pouvoir d'achat : la loi "Travail, emploi et pouvoir d'achat", texte phare du programme Sarkozy, adopté dès cet été ne les a pas convaincus. Le pouvoir d'achat est, selon un récent sondage TNS Sofres, la seule faiblesse pour le président : seuls 28% des sondés jugent efficace l'action de l'équipe au pouvoir contre la vie chère, contre 68% d'un avis contraire.

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