Le premier baromètre de la transparence des ONG souligne leur opacité

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La fondation Prometheus, financée par dix grandes entreprises françaises, ne donne son satisfecit qu'à neuf ONG sur 54. Elle souligne l'opacité financière et organisationnelle des 45 autres associations passées au crible, telles Greenpeace, Transparency international ou Sud.

Les entreprises répondent du tac au tac aux organisations non gouvernementales (ONG). Sur le terrain préféré de ces dernières, celui de l'éthique. La Fondation d'entreprise Prometheus, financée par dix grandes entreprises (voir la liste en encadré), a établi le premier baromètre de la transparence des ONG. Latribune.fr le publie en exclusivité alors qu'il devrait être présenté dans l'après-midi de ce jeudi 6 décembre. Cette fondation, créée et présidée par Bernard Carayon, député UMP, et vice-présidée par Jean-Michel Boucheron, député PS, montre que seules neuf ONG sont réellement transparentes sur les 54 étudiées.

Cette étude répond à une préoccupation des entreprises, consternées de constater que les ONG participent toujours plus à l'élaboration des normes et des règles économiques internationales, ensuite appliquées aux activités économiques dans le monde entier.

Parmi les bons élèves, la meilleure note est attribuée à Médecins du Monde et à l'European Public Health Alliance, un lobby de défense des consommateurs de santé publique. Ces deux associations obtiennent la note maximale de 5 sur 5. Prometheus accorde une note supérieure à la moyenne au Bureau européen pour l'environnement, à Banktrack, au Centre national d'information indépendante sur les déchets, à Médecins sans frontières, au Center for international environmental law, au Center for social responsability Europe et à la Fondation Nicolas Hulot.

Hormis ces neuf associations, la fondation Prometheus se livre à un joyeux tir à vue sur le monde des ONG. Elle souligne que 23 ONG sur 53 obtiennent un score inférieur à 1 sur 5. "Il est quasiment impossible de connaître le fonctionnement de ces organisations ainsi que leur financement", souligne l'étude. Parmi les associations qui décrochent un zéro pointé à l'examen de la transparence, on retrouve quelques icônes comme Attac, le Centre français d'information sur les entreprises ou Sherpa, association qui dénonce la corruption des entreprises.

Prometheus pointe plusieurs types d'opacités. Certaines associations masquent leurs véritables lieux de pouvoirs. Le meilleur exemple cité est celui de Greenpeace, où la moitié de l'organe décisionnel est reconduit chaque année sans vote, sans que l'on connaisse les raisons de ces choix.

Prometheus pointe aussi l'opacité des financements. Le syndicat Sud est montré du doigt pour un financement qui a suscité des "réserves" de gestion par la Cour des comptes. Transparency international, la mal nommée, est critiquée pour l'absence d'indication données sur ses ressources et leur emploi. Enfin, Prometheus souligne l'impossibilité de différencier entre l'association et les sociétés commerciales qu'elle a créées pour vendre des prestations de conseil en éthique. C'est le cas, notamment, pour le Cercle éthique des affaires.

Prometheus note les associations selon une échelle de 0 (pas de diffusion des comptes ou des activités, ni de la structure juridique) à 5 (transparence de l'organisation et des comptes récents, statuts et rapports annuels disponibles). L'étude comprend l'analyse détaillée de la transparence des 54 ONG.

La présence, parmi les membres du conseil d'orientation stratégique, de Pierre Cabanes, ancien secrétaire général de Thales et aujourd'hui président de la société Antée, qui organise une veille pointue et suivie sur le monde des ONG, montre que l'étude est fondée sur des dossiers solides et entretenus de longue date.

Les membres de la Fondation Prometheus
Prometheus regroupe les principales entreprise de défense, d'énergie et de santé, qui sont régulièrement mises en cause par les ONG, ainsi que des banques et assurances. Au conseil d'administration, figurent Alstom, Areva, la Caisse nationale des caisses d'épargne, CDC Entreprises, Dassault aviation, EADS, Servier, Sagem défense sécurité, Sanofi-Aventis, Thales communication. Au titre des personnalités qualifiés, on retrouve, notamment, Pierre Donnersberg, patron de LCF Rotschild, et René Ricol, patron des commissaires aux comptes.

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