Nicolas Sarkozy reçoit les syndicats avant son grand oral social
La Tribune
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Nicolas Sarkozy a reçu ce week-end plusieurs responsables syndicaux, avant ses deux discours attendus dans la semaine consacrés à la politique sociale. Le chef de l'Etat s'est entretenu samedi matin avec le secrétaire général de la CFDT, François Chérèque, à La Lanterne, près de Versailles. Il a également reçu le secrétaire général de Force ouvrière, Jean-Claude Mailly.
A ce dernier, le président de la République lui a confirmé sa volonté de fusionner les réseaux opérationnels de l'ANPE et de l'Unedic au niveau local. Une proposition à laquelle Jean-Claude Mailly a réaffirmé son opposition dénonçant une "usine à gaz". Pour le syndicat, la convention tripartite entre l'Unedic, l'ANPE et l'Etat de mai 2006 permettait déjà un rapprochement opérationnel "qui commence à porter ses fruits" puisqu'il existe 254 guichets uniques".
De son côté, la CGT "n'apporte pas de démenti" à une rencontre entre le président et Bernard Thibault sans en préciser la date. Le secrétaire général ne parlera pas avant le discours de mardi devant l'Association des journalistes de l'information sociale (AJIS), a-t-on précisé dans son entourage.
Cette rencontre avec les syndicats doit permettre à Nicolas Sarkozy d'aborder sa semaine de grand oral social en évitant "les humiliations et faire comprendre sa détermination" sur les retraites et la réforme de l'Etat. Le chef de l'Etat doit prononcer deux discours consécutifs présentant les grandes lignes sociales de son quinquennat.
Mardi, il doit notamment préciser les contours de la réforme des régimes spéciaux de retraite, que le gouvernement veut mettre en place avant la fin 2007. Le lendemain, à Nantes, il évoquera l'avenir de la fonction publique. Mais les syndicats restent inquiets. "La tonalité du discours peut avoir un impact réel sur le climat social des prochains jours" a prévenu samedi Bernard Thibault qui, selon une source syndicale, s'est concerté avec ses homologues de la CFDT, François Chérèque, et de FO, Jean-Claude Mailly, pour qu'aucun des trois n'assiste au discours présidentiel.
De leur côté, les syndicats Sud-Rail, Sud-RATP et Sud-Energie ont dénoncé d'une même voix ce dimanche toute remise en cause des régimes spéciaux de retraite, qui se traduirait selon eux par "une régression sociale". "Une fois de plus, le gouvernement et les directions d'entreprises tentent d'imposer une régression sociale aux salariés des entreprises bénéficiant des régimes spéciaux de retraites, et non de négocier dans un objectif de progrès social", estiment-ils.
"Ce qui est sûr, c'est qu'il y a chez le président de la République une volonté de concertation mais pour autant, des engagements ont été pris pendant la campagne, ils seront tenus", a renchérit de son côté le porte-parole de l'Elysée David Martinon lors du Forum Radio J.
"A quoi cela servirait-il de rencontrer des leaders syndicaux si c'est pour ne pas tenir compte de leurs avis dans son discours de mardi", a ajouté David Martinon, refusant toute précision sur le contenu du discours. "Jusqu'à ce qu'il s'exprime, nous respectons tous, moi compris, ce calendrier", a-t-il déclaré.
La réforme des régimes spéciaux largement approuvée par les Français
La réforme des régimes spéciaux de retraite est approuvée par 68 à 75% des Français, selon deux sondages publiés samedi. Selon une enquête CSA pour Le Parisien et i-Télé, 68% des Français se prononcent pour cet alignement des régimes de retraite en vigueur à la SNCF, la RATP ou EDF sur le régime général, soit une hausse de neuf points par rapport à un sondage semblable réalisé en septembre 2006. D'autre part un sondage réalisé par Ifop pour le Journal du dimanche fait état d'une approbation encore plus large: 75% des salariés sont pour la réforme - 82% dans le privé et 67% dans le public.
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