Les craintes augmentent sur les risques de crises sanitaires

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Selon une enquête dévoilée aujourd'hui, la population française craint encore fortement les risques de crises sanitaires. Elle demande une information beaucoup compréhensible et fiable. La confiance envers l'administration et le gouvernement est faible, à l'exception de la grippe aviaire.

Grippe aviaire, Chikungunya, risques hospitaliers, accidents industriels... Les craintes de crises sanitaires restent bien ancrées dans la population française. Elles ont même augmenté entre 2005 et 2006. C'est l'un des principaux enseignements qui ressort de la deuxième édition de l'enquête de l'Observatoire des risques sanitaires réalisée par Opinionway pour Vaesolis Corporate (anciennement Léo Corporate) en partenariat avec le CNRS (1). La moyenne des craintes sanitaires est en effet passée de 6,1 points sur 10 en novembre 2005 à 6,4 points en décembre 2006.

Les risques liés à l'action de l'homme sur l'environnement occupent la première place avec 7, 87 points (+0,23 par rapport à 2005). Viennent ensuite les risques hospitaliers (7,22 points) et les risques de santé publique (7,14 points). En quatrième place, le risque pandémique mondial de type grippe aviaire ou SRAS a progressé de manière sensible, passant de 6,05 à 6,78 points. Mais la plus forte hausse revient aux accidents industriels (+1,13 point pour arriver à 6,68). "On constate que les sites industriels ont de plus en plus de problèmes avec les riverains, même ceux ne présentant pas de danger", souligne Arnaud Dupui-Castérès, président de Vaesolis Corporate.

Sans surprise, la population a bien en mémoire, comme crises sanitaires, le sida (36%), la grippe aviaire (30%), la crise de la vache folle (25%) et le sang contaminé (17%). Le cancer est également bien ancré dans l'esprit des gens avec 11% (+4% par rapport à 2005). "La peur du cancer augmente. De plus en plus, c'est associé au contexte anxiogène", explique Arnaud Dupui-Castérès. Or, une forte majorité des personnes interrogées (93%) veut plutôt tout savoir. Mais beaucoup d'entre elles (84%) soutiennent que tout ne leur est pas dit. "C'est un niveau de défiance qui est considérable", insiste-t-il. Pourtant, 81% pensent qu'il est possible d'éviter les crises dans le domaine de la santé. Ce qui montre une volonté de leur part d'exiger de tendre vers le risque zéro.

Seulement, la confiance envers les acteurs reste minoritaire. Près la moitié des personnes interrogées (46%) l'éprouve envers les associations, en les estimant bien préparées pour faire face à une crise dans le domaine de la santé. Viennent ensuite le gouvernement (33%), l'administration (32%) les entreprises publiques (28%), les collectivités territoriales (25%) et enfin les entreprises privées (20%). Pour leur dire la vérité sur une crise sanitaire, leur confiance s'adresse avant tout aux scientifiques et chercheurs (33%) et aux organisations internationales telles que l'OMS (27%). Les associations (16%) et les journalistes (12%) n'arrivent qu'ensuite. En revanche, peu de personnes interrogées ont confiance en l'administration (3%) et le gouvernement (3%) pour leur dire la vérité. Et encore moins les entreprises qui ne recueillent que 1%.

Le danger porte aussi sur la perception de l'information reçue. Peu de sondés la jugent compréhensible (37%), fiable (22%), suffisante (20%) et complète (19%). La population est donc demanderesse d'une information de meilleure qualité. D'autant que la majorité des personnes interrogées (79%) pense qu'à l'avenir le nombre de crises dans le domaine de la santé aura tendance plutôt à augmenter. L'information peut toutefois être payante comme le démontre le cas de la grippe aviaire. "Il y a plutôt une belle crédibilisation de l'action gouvernementale sur la grippe aviaire", constate Arnaud Dupui-Castérès. Selon 73% des sondés (+13% par rapport à 2005), le gouvernement a en effet fait le nécessaire pour réduire les risques d'apparition de cette maladie. Plus de la moitié (57%) le pense capable d'assurer leur sécurité en fournissant la quantité de médicaments et de masques nécessaire si la grippe aviaire devait se déclarer en France demain. 51% (+12%) l'estiment aussi capable de préparer les infrastructures hospitalières à l'afflux éventuel de patients, et 48% (+13%) de limiter l'impact économique et humain de la crise. "Il faut informer le plus tôt possible pour faire taire les rumeurs avant que la crise survienne", conclut Arnaud Dupui-Castérès.


Les Français inquiets sur les changements climatiques
Un forte majorité des personnes interrogées (68%) est inquiète pour elle-même des risques liés aux changements climatiques. Autrement dit, ces personnes estiment que de tels risques peuvent leur porter atteinte. Sans surprise, une forte majorité d'entre elles (92%) est encore plus préoccupée pour les générations futures. A ce jour, les sondés sont très critiques sur les actions des pouvoirs publics. Selon 79% d'entre eux, le gouvernement ne fait pas le nécessaire pour réduire les risques liés aux changements climatiques.


(1) étude quantitative réalisée en ligne du 28 novembre au 4 décembre 2006 auprès d'un échantillon de 1023 personnes représentatif de la population française âgée de 15 ans et plus.

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