Le fonds TPG et British Airways se retirent du processus de rachat d'Iberia

Le consortium mené par le fonds d'investissement TPG envisage de se retirer du processus de rachat d'Iberia. British Airways a même annoncé ce lundi renoncer à exercer son droit de préemption sur les parts de BBVA et Logista dans la compagnie espagnole. Cette annonce intervient quelques jours après l'annonce par la caisse d'épargne espagnole Caja Madrid de son renforcement dans le capital d'Iberia. Cette dernière, leader européen des liaisons avec le juteux marché latino-américain, devrait donc rester espagnole.

Les grandes manoeuvres autour du capital d'Iberia s'accélèrent. Le consortium emmené par le fonds d'investissement américain TPG et comprenant British Airways aurait décidé de se retirer du processus d'offre sur Iberia, selon une source citée par l'agence Reuters. Ce lundi, la compagnie aérienne britannique British Airways annonce même officiellement qu'elle renonce à exercer son droit de préemption sur les parts de BBVA et Logista dans la compagnie espagnole Iberia, semblant ainsi se désintéresser d'un rachat de celle-ci. Le titre Iberia a été suspendu de cotation à la Bourse de Madrid dans l'attente de plus d'informations.

Vendredi dernier déjà, des sources proches du dossier évoquaient la possibilité d'un retrait de l'offre du consortium, le premier actionnaire d'Iberia avec 10% du capital et qui proposait jusque là 3,4 milliards d'euros pour racheter la compagnie espagnole. En effet, la veille, la caisse d'épargne espagnole Caja Madrid s'était renforcée dans le capital d'Iberia en préemptant la part de 6,42% du capital détenue par le groupe hispano-français Altadis.

Par ailleurs, la compagnie aérienne espagnole Iberia annoncait étudier de près la demande d'examen de ses comptes formulée par le consortium espagnol Gala Capital, qui étudie la reprise d'Iberia. Ce dernier, qui regroupe plusieurs gros investisseurs espagnols, est l'un des deux groupes intéressés par une reprise de la compagnie. Selon le communiqué publié par le conseil d'administration d'Iberia, Gala Capital, une société qui regroupe les milliardaires espagnols Alicia Koplowitz, Manuel Jové et la famille Del Pino, a annoncé son intention de lancer une offre sur Iberia, comprise entre 3,60 et 3,90 euros par action, en association avec la banque BBK et le propriétaire d'Air Europa, Juan José Hidalgo. La compagnie aérienne examine donc l'opportunité d'ouvrir ses livres de comptes à Gala, pour que le consortium puisse affiner son offre.

Le consortium Gala Capital présenterait l'avantage d'assurer le caractère espagnol de la compagnie, sujet très sensible au-delà des Pyrénées. La caisse d'épargne Caja Madrid vient ainsi de renforcer sa présence au capital d'Iberia, afin de protéger la compagnie aérienne. Logista, filiale logistique d'Altadis, a annoncé qu'elle mettait en vente sa participation de 6,42% dans Iberia, et que Caja Madrid lui avait communiqué sa "décision d'exercer son droit de préemption" sur les quelque 61,1 millions d'actions d'Iberia qu'elle allait mettre en vente au prix unitaire de 3,60 euros, soit un total de 219,96 millions d'euros.

Il s'agit pour Caja Madrid du deuxième rachat de parts dans Iberia en quelques jours: la caisse d'épargne avait en effet déjà préempté lundi dernier la part de 6,99% de la banque BBVA dans Iberia. La transaction avec Logista devrait porter à 23% la présence de Caja Madrid au capital d'Iberia, contre un peu moins de 10% il y a seulement quelques jours.

Caja Madrid a répété par la voix d'un porte-parole qu'elle n'avait pas l'intention de vendre sa participation, comme l'a déjà déclaré le président de la banque Miguel Blesa. Elle n'a pas dit en revanche si elle avait approché les autres actionnaires d'Iberia en vue de reprendre également leur parts.

Cette montée en puissance de Caja Madrid, et le retrait de l'offre du consortium formé par TPG et British Airways, semblent donc indiquer qu'Iberia, leader européen des liaisons avec le juteux marché latino-américain, restera espagnole, ce qui est bien vu par les pouvoirs publics. Le ministre de l'Industrie, Joan Clos, a tout récemment déclaré que "rien ne lui ferait plus plaisir" qu'Iberia reste sang et or.

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