La France souhaite un délai pour équilibrer ses comptes publics

Dans un entretien au Financial Times de ce mardi, Jean-Pierre Jouyet, secrétaire d'Etat aux Affaires européennes, annonce que la France va demander à ses partenaires européens plus de temps pour équilibrer ses comptes publics.

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La France veut obtenir des "marges de manoeuvre" dans la mise en oeuvre de son objectif d'équilibrage de ses comptes: c'est ce que demande le secrétaire d'Etat aux Affaires européennes Jean-Pierre Jouyet dans une interview publiée ce matin par le Financial Times. Selon lui, il serait légitime que la France obtienne un délai pour respecter ses engagements en la matière du fait qu'elle est sur le point de se réformer en profondeur.

Jean-Pierre Jouyet estime que de telles réformes sont nécessaires pour assurer une croissance de long terme. "Nicolas Sarkozy veut baisser les impôts, diminuer les charges patronales et réformer l'enseignement en France", précise-t-il. Avant d'ajouter: "cela va renforcer la compétitivité de la France". Et pour ce faire, le gouvernement a besoin d'une pause avant de se mettre en règle avec le Pacte de Stabilité.

Jean-Pierre Jouyet n'en est pourtant pas moins optimiste et ambitieux puisqu'il plaide pour une plus proche collaboration des partenaires européens sur le terrain économique.

Le secrétaire d'Etat reconnaît certes "l'apparente contradiction" qui consiste à réclamer plus de clémence en ce qui concerne l'application du Pacte de Stabilité tout en revendiquant une plus grande coopération des pays européens en matière de taux de change, par exemple. Mais il estime que "le Pacte de Stabilité réformé donne de plus grandes marges de manoeuvre lorsque que l'on doit mener des réformes dont l'objectif est d'accroître le taux de croissance potentiel".

Le mois dernier, Nicolas Sarkozy avait déclaré que la France ne pourrait pas équilibrer son budget avant 2012, alors que le précédent gouvernement avait promis que cela serait réalisé pour l'année 2010.

Le président de la République sera d'ailleurs exceptionnellement présent lundi prochain à Bruxelles où il présentera les raisons de ce revirement lors d'une réunion des ministres des Finances de la zone euro.

Un tel comportement de la part de la France agace certains membres de la zone euro, plus vigilants dans leur gestion des comptes publics.

De plus, la France pourrait bien aussi réclamer des concessions en matière d'énergie par exemple, en raison de sa position de géant du nucléaire en Europe. "Il y a une asymétrie qui doit être prise en compte", souligne Jean-Pierre Jouyet.

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