Deutsche Börse veut délocaliser 200 emplois à Prague

L'opérateur de la Bourse de Francfort, Deutsche Börse, a précisé ce mardi son programme de réduction de coûts portant sur 100 millions d'euros d'ici 2010. Il vise environ 300 postes répartis entre Francfort et Luxembourg, dont 200 devront migrer à Prague.

Le groupe boursier allemand Deutsche Börse, coté à Francfort, avait annoncé en septembre un projet de réduction de coûts devant lui permettre d'économiser 100 millions d'euros par an à partir de 2010. Mardi, il a annoncé une nouvelle qui risque de mal passer dans le personnel, en prévoyant de délocaliser 200 postes à Prague, où la Börse a ouvert en 2006 une filiale informatique. Il y aura par ailleurs des suppressions d'emplois, dont le nombre n'a toutefois pas été révélé.

Le volet social du plan concerne en tout environ 300 "postes" sur 3.000 compris sur les sites de Francfort, au siège, et de Luxembourg, où est logée la - désormais fameuse - filiale Clearstream, opérant le règlement-livraison de titres. Des fonctions au siège central et dans l'informatique vont être progressivement supprimées lorsqu'elles sont inefficientes pour l'organisation. Chaque année, près de 6% du personnel quitte le groupe, soit 180 personnes. Des postes laissés vacants lors de ces départs naturels ne seront pas toujours remplacés. Des négociations avec les syndicats vont s'engager pour trouver des solutions "consensuelles et socialement acceptables".

Le plan risque toutefois d'être mal digéré par les salariés, alors que la société table sur une nouvelle année record pour 2007, après avoir dégagé un bénéfice net de 668,7 millions d'euros l'an dernier. Au plan politique, il pourrait aussi faire des vagues car Francfort est situé en Hesse, où se tiennent l'an prochain des élections pour renouveler le parlement régional. La Börse est l'opérateur privé ayant reçu le mandat pour la place de Francfort d'opérer son marché boursier. La question de l'emploi est sensible au bord du Main, comme l'a montré récemment l'épisode de la fusion manquée entre Deutsche Börse et Euronext.

La majeure partie des économies doit de fait résulter d'un passage au peigne fin des frais généraux, en internalisant par exemple des prestations externes. Ces mesures non sociales du plan doivent d'ici 2010 contribuer à 85% de l'ensemble des économies visées.

Le quotidien économique allemand Handelsblatt, partenaire de la Tribune, a affirmé récemment que c'est sous la pression des fonds actionnaires, parmi eux le fonds britannique activiste TCI, un de ses gros actionnaires, que Deutsche Börse a lancé ce programme d'économies.

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