ABN Amro prend ses distances avec Barclays

Le conseil exécutif et le conseil de surveillance d'ABN Amro annoncent ce lundi qu'ils prennent leur distance avec le britannique Barcalys. La banque néerlandaise a décidé de "cesser de recommander l'offre de Barclays" et laisse les actionnaires trancher. ABN Amro a réalisé un bénéfice net de 1,13 milliard d'euros au deuxième trimestre.

Renversement de situation autour du dossier ABN Amro. Quatre mois après le début de la présentation de leur modalité de fusion, le conseil exécutif et le conseil de surveillance d'ABN Amro réunis vendredi et tout le week-end, ont finalement décidé de prendre leurs distances avec leur partenaire et de ne plus soutenir l'offre de Barclays. Sagement la banque néerlandaise a décidé de laisser les actionnaires trancher.

A l'occasion de la publication ce lundi matin des comptes trimestriels de la banque néerlandaise - qui font ressortir un bénéfice net de 1,13 milliard d'euros en baisse de 7,2% - le conseil a décidé "de cesser de recommander l'offre de Barcalys" selon un communiqué publié ce lundi. L'offre de Barclays est en effet conditionnée au soutien d'ABN Amro mais selon certains observateurs, la banque britannique ne va pas renoncer pour autant et pourrait se contenter de supprimer cette condition.

La direction d'ABN soutenait à l'origine le projet de Barclays mais l'offre améliorée de la banque britannique n'incluait plus la recommandation du conseil de surveillance de sa cible. Selon des sources les dirigeants et administrateurs d'ABN sont convenus ce week-end qu'ils ne pouvaient plus continuer de recommander l'offre de Barclays, qui est pour l'essentiel par échange d'actions, alors qu'un consortium emmené par Royal Bank of Scotland (RBS) propose un prix supérieur et principalement en cash.

L'offre conjointe de 72 milliards d'euros de RBS, Fortis et Santander est composée de cash à plus de 90% et représente aux cours actuels 38,10 euros pour chaque action ABN Amro, alors que le prix de Barclays est de 34,70 euros.

Barclays avait obtenu le soutien de la direction d'ABN Amro en proposant un mariage classique entre les deux banques alors que RBS, Fortis et Santander ne cachent pas leur intention de démanteler l'institution néerlandaise et de s'en partager les actifs.

Si ABN Amro renonce à recommander le projet de Barclays, cette dernière pourrait encore chercher à améliorer son offre, selon les sources. China Development Bank (CDB) et la société d'investissement singapourienne Temasek avaient acquis lundi dernier des actions Barclays pour aider la banque britannique à relever son offre sur ABN.


Résultat en baisse au deuxième trimestre
ABN Amro a réalisé un bénéfice net en baisse de 7,1% à 1,13 milliard d'euros au deuxième trimestre, mais supérieur aux attentes des analystes qui tablaient sur un bénéfice net compris entre 1,05 et 1,068 milliard d'euros, comparé au 1,216 milliard d'euros réalisé un an plus tôt. La baisse de ce dernier trimestre provient notamment d'un gain exceptionnel de 208 millions d'euros réalisé il y a un an, alors qu'ABN Amro a connu une perte exceptionnelle de 4 millions d'euros au deuxième trimestre 2007. Son chiffre d'affaires est en hausse de 12,8% à 5,446 milliards d'euros. "Nous sommes bien placés pour réaliser un bénéfice par action d'au moins 2,30 euros", qui était l'un des objectifs donnés pour 2007 par ABN Amro en début d'année, a indiqué dans un communiqué le PDG du groupe Rijkman Groenink. Au deuxième trimestre, le bénéfice par action s'est établi à 0,61 euro, contre 0,65 un an plus tôt.

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