Investissements dans l'industrie : panne sèche en 2006, espoir pour 2007
La Tribune
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Les perspectives d'investissement pour cette année se sont nettement améliorées ce mois-ci. Selon la dernière enquête de l'Insee publiée ce mercredi matin, la hausse est désormais attendue de 5% contre 2% dans l'étude réalisée en octobre. "Il n'existe pas de consensus mais ces prévisions sont proches de notre anticipation d'une augmentation de 4% de l'investissement en 2007", indique Dominique Barbet, économiste chez BNP Paribas. Les investissements dans l'industrie manufacturière (hors énergie et agroalimentaire) devraient même atteindre 7%. Cela dit, les projets ambitieux sont typiques de cette période de début d'année. Si cette publication est de bon augure pour l'investissement en 2007, ce n'est certainement pas suffisant pour s'attendre à un véritable emballement.
En revanche, les chiffres de 2006 sont pires que prévus auparavant, avec aucune progression de l'investissement manufacturier estimée pour l'année contre 2% établis en octobre. Pour l'investissement dans son ensemble, la progression est passée de 3% à 2% seulement. "Une fois de plus, cette révision, cette fois-ci à la baisse, est traditionnelle à cette période de l'année, où l'on constate que certains projets d'investissements n'ont finalement pas abouti", indique Dominique Barbet.
Cette baisse est "notamment imputable aux industriels du secteur des biens de consommation qui ont reporté en 2007 une partie de leurs dépenses d'équipement initialement prévues en 2006", selon l'Insee. Toujours pour 2006, les autres secteurs confirment leurs précédentes estimations: une hausse des investissements pour les industries agroalimentaires (+11%) et des biens d'équipement (+10%), et une baisse pour l'automobile (-13%).
Il n'y a donc que la consommation frénétique des ménages qui aura soutenu la croissance française en 2006, de 2%. "Compte tenu du dynamisme de la croissance mondiale, la croissance des investissements aurait du s'envoler de 5%", estime Nicolas Bouzou, économiste chez Asterès. Les raisons de cette atonie ? "D'une part, l'augmentation des coûts des entreprises industrielles (progression des bas salaires et coûts d'approvisionnement) aura une fois de plus pesé sur les marges du secteur, amenuisant sa capacité d'investissement. Le niveau toujours élevé de l'euro par rapport au dollar constitue en outre toujours un frein psychologique à l'investissement. Enfin, la pression des grands donneurs d'ordre permet de moins en moins aux sous-traitants de dégager les marges financières leur permettant d'investir à long terme", indique Nicolas Bouzou.
A cela s'ajoute des problèmes structurels, à savoir la fiscalité française (impôt sur les bénéfices, taxe professionnelle, petites taxes diverses et variées), qui n'incite pas les industriels à investir en France. Il y a très certainement là un vrai sujet pour les candidats à l'élection présidentielle, tout aussi important que la fiscalité des particuliers.
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