Automobile : les modalités de limitation du CO2 en Europe suscitent le débat

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La prise en compte insuffisante du poids des voitures dans la future règlementation des émissions de CO2 de l'automobile irrite la France et l'Italie. Le lobby européen de l'automobile rejette le projet.

La position bruxelloise sur un durcissement règlementaire à propos des émissions de CO2 dans l'automobile suscite aujourd'hui de nombreuses réactions. En souhaitant taxer les émissions de CO2 excédant les limites de 120 g par kilomètre à partir de 2012, la Commission penche pour répartir les taxes équitablement entre les différentes voitures, si bien que les plus grosses voitures seraient à peine plus pénalisées que les moyennes.

Par rapport à l'industrie européenne, ce mode de taxe risque de favoriser les voitures les plus puissantes et lourdes, soit principalement l'industrie allemande des Porsche et autres Mercedes, par rapport au petites Fiat et Peugeot.

"Moduler la norme en fonction du poids, c'est récompenser les véhicules lourds et polluants par rapport aux petits véhicules peu polluants. C'est contraire au principe pollueur-payeur et contraire à l'équité sociale, puisque ce sont les acheteurs de petits véhicules, qui sont en général les plus modestes, qui vont être pénalisés. J'ai donc fait part de mes réserves à la Commission européenne", a plaidé Jean-Louis Borloo.

Une position partagée par les constructeurs automobiles italiens. "L'introduction d'objectifs différenciés de réduction des émissions de CO2 en fonction du poids des véhicules pénalise particulièrement les constructeurs de voitures de segments inférieurs qui auront un objectif majeur par rapport à la moyenne de 130 g de CO2/km proposée par l'UE", assure le communiqué de l'Anfia.

Un débat s'est ouvert en Allemagne sur l'engagement de la chancelière Angela Merkel dans la lutte contre le réchauffement climatique. La chancelière s'est opposé à la Commission de façon virulente, alors que son ministre de l'Economie déclarait dans le Handesblatt que cette nouvelle directive "signifierait des charges considérables chiffrées en milliards pour les constructeurs automobiles allemands", de nature à créer une distorsion de la concurrence insupportable. Un discours auquel les Verts se sont empêché de rétorquer. "Que le gouvernement s'élève contre en poussant des cris d'orfraie et que, sans égard à toute raison de politique environnementale, il exige des concessions supplémentaires au lobby de l'automobile, est frivole", a estimé le président des Verts Reinhard Bütikofer.

Du côté de l'ACEA, le lobby européen des voitures, on préfère rejeter en bloc la proposition de la Commission. "Les pénalités proposées sont d'un niveau très élevé et sans précédent. Nous ne tentons pas de nous sortir d'affaires à bon compte puisque nous investissions 20 milliards d'euros par an en R&D. Mais si elles sont maintenues, les pénalités devraient être raisonnables, et définies en fonction du prix de la tonne de CO2 appliquée aux autres secteurs" estime le syndicat.

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