Vers un duel GM-Toyota sur le marché automobile américain

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Les ventes de voitures ont légèrement rebondi en mai aux Etats-Unis après un début de printemps décevant. En mai, Ford s'est vu ravir par Toyota la place de numéro deux du marché américain. Sur les cinq premiers mois de l'année, le marché américain est détenu à 23% par GM, 16% par Toyota, 15,5% par Ford.

Les ventes de voitures ont légèrement rebondi en mai aux Etats-Unis après un début de printemps décevant, profitant de la demande accrue pour les voitures de tourisme, moins gourmandes que les gros utilitaires, sur fond de prix record à la pompe. Les six principaux constructeurs du marché américain ont vu leurs ventes progresser à l'exception de Ford, au cours d'un mois ayant bénéficié d'un jour ouvrable supplémentaire par rapport à mai 2006.
GM affiche des ventes en hausse de 8,8% en données brutes à 375.682 unités écoulées, hausse ramenée à 4,7% en données ajustées.

Les autres constructeurs ont publié des données brutes: les ventes du germano-américain DaimlerChrysler ont progressé de 4% à 221.164 unités. Ford, deuxième constructeur américain derrière GM, a vu ses ventes reculer de 6,8%, à 259.470 unités vendues. Les Japonais ont poursuivi leur avancée, régulière depuis plusieurs trimestres: Toyota a fait état de nouvelles ventes record, affichant une hausse de 9,7% et 269.023 unités vendues. Les deux autres japonais Honda et Nissan affichent des ventes de respectivement 145.367 unités (+2,5%) et 93.062 unités (3,2%).

Sur les cinq premiers mois de l'année, le marché américain est détenu à 23% par GM, 16% par Toyota, 15,5% par Ford, 13,7% par DaimlerChrysler, 9,2% par Honda et 6,5% par Nissan, selon les données du cabinet Autodata publiées vendredi. "L'ensemble du secteur a fait mieux qu'attendu, et c'est à ce jour le plus fort mois de l'année", a commenté Jesse Toprak, du cabinet Edmunds.com. cité par l'Agence France Presse (AFP).

Ford s'est ainsi vu ravir par Toyota la place de numéro deux du marché américain sur le mois écoulé. Et ce pour la cinquième fois. "C'est le signe d'une évolution de fond, et peut-être verrons-nous ce changement devenir permanent d'ici les prochains mois", ajoute encore Jesse Toprak, évoquant en substance un duel GM-Toyota.
Toyota a attribué ses performances à "une hausse simultanée des prix du carburant et de la confiance des consommateurs, ce qui s'est traduit par le succès de modèles de berlines" (+12,7%), tandis que "l'appétit du marché pour les voitures hybrides ne décroît pas". Ces dernières affichent ainsi une hausse de 75% des ventes à 119.154 unités. A noter que malgré la tendance aux berlines, le Tundra, gros 4x4 de Toyota et marché de prédilection des constructeurs américains, a plus que doublé ses ventes en un an (17.727 unités).

GM s'est de son côté dit "très satisfait" des performances de ses nouveaux modèles, toutes catégories confondues, affirmant avoir gagné des parts de marché dans les gros pick-ups et les crossovers (véhicules dotés d'une carrosserie de 4x4 mais d'un moteur de berline, plus économe en carburant). Les ventes de GM ont dépassé les attentes moyennes des analystes, Himanchu Patel, de JPMorgan, soulignant "des ventes solides" dans les berlines. Malgré tout GM a revu à la baisse ses prévisions de ventes pour l'ensemble du secteur aux Etats-Unis cette année. Le groupe prévoit désormais des ventes de véhicules légers inférieures à 16,5 millions cette année, contre 16,6 millions en 2006. "Cette révision à la baisse n'est pas une surprise, étant donné les vents contraires qui ont affecté le secteur pendant la saison des ventes de printemps et étant donné ce que nous prévoyons en termes de répercussions de la correction immobilière durant (le deuxième et le troisième trimestre), et probablement un peu au quatrième trimestre", a expliqué Paul Ballew, responsable de l'analyse des ventes chez General Motors.

Chez DaimlerChrysler, on a souligné "de fortes ventes de détail" en mai, qui ont poussé les ventes globales de la division Chrysler (+4% à 191.261 unités), ce "malgré des ventes par flottes de véhicules réduites". Chrysler, tout comme GM et Ford, réduit volontairement ses ventes par flottes, qui permettent d'écouler de forts volumes mais sont moins rentables que la vente au détail. Toutefois, les efforts de Chrysler sur ce point sont jugés par certains analystes encore trop légers.

Ford a souffert en mai d'une demande faible pour ses berlines et de la réduction, voulue par le groupe, des ventes aux loueurs. Ses ventes de voitures de tourisme ont chuté de 17,7% et celles d'utilitaires ont stagné. Ford a précisé qu'il produirait 640.000 voitures et utilitaires au troisième trimestre en Amérique du Nord, un volume presque inchangé par rapport à l'an dernier.

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