Grippe aviaire : la France prête à renforcer son dispositif

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Paris se dit prêt à réagir après la découverte, samedi, en Grande-Bretagne, dans un élevage de dindes, du virus hautement pathogène H5N1 de la grippe aviaire. Depuis, des mesures de protection se mettent en place en Europe. Au Pakistan, le virus de l'épizootie refait son apparition.

La France est prête à adapter son dispositif sanitaire destiné à prévenir l'apparition de nouveaux cas de grippe aviaire, et ce en fonction de l'avis de l'Agence française de sécurité sanitaire (Afssa). C'est ce qu'a confirmé ce lundi matin le ministre de l'Agriculture Dominique Bussereau.

En fin de semaine dernière, le virus de la grippe aviaire sous sa forme hautement pathogène H5N1 est apparu dans un hangar clos d'un élevage de l'Est de l'Angleterre appartenant au plus grand producteur de dindes d'Europe, Bernard Matthews. Les 159.000 dindes de l'élevage ont été abattues.

Depuis, les pays européens prennent des mesures de protection contre la grippe aviaire après la réapparition du virus H5N1 dans l'UE, en Hongrie puis en Grande-Bretagne, où les services vétérinaires tentent d'éviter la propagation du virus.

"Nous allons bien sûr, dès l'avis de l'Afssa, adapter notre dispositif: (...) On était en risque négligeable 2, (...) en fonction de l'avis de l'Afssa, on passera à un risque au delà", a déclaré Dominique Bussereau sur RTL. Il a évoqué notamment des "mesures" qui pourraient être prises dans les zones humides. "On était déjà en zone de précaution puisque abreuver les volailles et les nourrir en plein air était interdit", a-t-il ajouté.

Le ministre de l'agriculture a jugé inquiétant le "retour sur le sol de l'Union européenne" de la grippe aviaire. "Il ne faut pas dramatiser mais il faut dire la vérité, (...) le fait que nous disons la vérité, que se mobilisent les éleveurs, toute la filière, le réseau vétérinaire, a fait que la crise a été difficile (...) mais que c'est en France que la consommation a repris le plus vite", a-t-il poursuivi en référence au seul cas de grippe aviaire dans un élevage français, survenu début 2006 dans l'Ain.

Les chercheurs craignent qu'en mutant, le virus ne devienne transmissible à l'être humain, ce qui pourrait provoquer une pandémie mondiale.

De son côté, Bruxelles tente également de rassurer l'opinion. Le commissaire européen à la Santé, Markos Kyprianou, a souhaité minimiser le risque d'une pandémie. "ll faut considérer ce problème comme une maladie animale et ne pas intégrer dans ce débat la question d'une pandémie: le risque d'une pandémie est une question totalement séparée. Nous allons nous concentrer sur l'aspect maladie animale", a souligné le commissaire, qui a précisé en outre que toutes les mesures de protection nécessaires avaient été prises. "Ces mesures ont été prises l'an dernier et la maladie ne s'est pas propagée, donc nous n'allons pas paniquer, nous pensons que les mesures seront efficaces", a ajouté le commissaire.

Cette tentative pour rassurer ne suffit en tous cas pas à la Russie. Celle-ci a annoncé la suspension dès demain de certaines importations de volailles en provenance de Grande-Bretagne. Ces suspensions concernent les "volailles vivantes et les oeufs, la viande de volaille et toutes les sortes de productions à base de volaille n'ayant pas subi de traitement thermique (...) depuis la Grande-Bretagne en Fédération de Russie", selon un communiqué du ministère russe de l'agriculture.

Au Pakistan, le virus de la grippe aviaire a été dépisté pour la première fois depuis près d'un an. La souche hautement pathogène de la maladie a été découverte dans un petit élevage de poulets dans une maison de Rawalpindi, dans les environs d' Islamabad. "Le foyer a été endigué et il n'existe aucun danger de propagation de ce virus", comme l'a annoncé un responsable du ministère de l'Agriculture, Mohammad Afzal.

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