Le débat sur l'Irak bloqué au Sénat américain

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Alors que la Chambre des représentants a désavoué la guerre menée par Bush en Irak à la veille du week-end, le Sénat n'a pas pu se prononcer sur le déploiement de troupes supplémentaires proposé par le président. Cela fait deux fois que le débat tourne court au Sénat.

Pour la première fois vendredi dernier, le Congrès américain a désavoué la stratégie de George Bush en Irak. La Chambre des représentants a adopté, à 246 voix contre 182, une résolution qui désapprouve l'envoi de 21.500 soldats supplémentaires à Bagdad. Mais le débat n'a pas pu se poursuivre hier au Sénat.

Pour une rarissime séance en plein week-end, les démocrates ont en effet échoué à réunir les trois cinquièmes des voix nécessaires dans le vote de procédure permettant un tel débat. Seulement 56 sénateurs (contre 34) ont souhaité ouvrir ce débat symbolique, en dépit du scepticisme croissant qu'inspire la conduite de la guerre même aux élus du parti républicain du président. Tous les démocrates présents et sept républicains ont voté oui, mais il aurait fallu réunir un total de 60 voix. Dix parlementaires n'ont pas pris part au vote. Un nouveau revers pour les démocrates, alors qu'un premier débat au Sénat avait déjà tourné court le 5 février.

En début de séance, le leader de la minorité républicaine au Sénat, Mitch McConnell, avait appelé à rejeter la motion, accusant les démocrates de "chicanerie"."On ne nous forcera pas à voter pour une résolution disant que nous soutenons les troupes mais qui ne nous demande pas de sceller l'engagement que nous les aiderons à accomplir leur mission de la seule façon possible: financer leur mission", a-t-il affirmé.

Le sénateur reprenait un argument récurrent des républicains qui accusent la majorité démocrate de tronquer le débat en refusant que le Sénat se prononce sur le financement de la guerre. Ce sujet connexe est en effet difficile à gérer pour des démocrates dont les rangs sont divisés.

Rappelant que plus de 3.100 soldats américains étaient morts en Irak depuis 2003, le chef de la majorité démocrate Harry Reid a affirmé que "les erreurs du gouvernement nous ont profondément enfoncés en Irak" et que le nouveau plan du président "ne fera que nous enfoncer encore plus".

Ce texte voté vendredi à la Chambre des représentants stipule en dix lignes que "le Congrès désapprouve la décision du président George W. Bush annoncée le 10 janvier 2007" d'envoyer des renforts en Irak et que "le Congrès et le peuple américain vont continuer à soutenir et protéger les membres des forces armées américaines qui servent ou ont servi courageusement et honorablement en Irak".

Comme pour mieux afficher le mépris que l'administration accorde à ce texte, le Pentagone a annoncé vendredi l'accélération du rythme de déploiement des renforts, 1.000 soldats devant embarquer pour l'Irak en mars, trois mois avant la date prévue. Tout en se sachant incapables de réunir la majorité des deux tiers indispensable pour braver un éventuel veto présidentiel, les démocrates n'entendent pas relâcher la pression.

"Nous faisons peu à peu monter la pression sur le président et nous allons continuer", a prévenu l'influent sénateur démocrate Charles Schumer, fort du soutien de l'opinion: 51% des Américains sont favorables à l'adoption d'un texte non contraignant et près des deux tiers (63%) souhaitent un retrait des troupes d'ici la fin 2008.

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