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Commodes commodes...

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Publié le 25 janvier 2007 à 10:20 - Mis à jour le 23 octobre 2008 à 18:24

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C'est le meuble le plus courant. On en trouve de toutes sortes. Les prix sont à la baisse.

Le mot commode apparaît pour la première fois en 1708 et la légende veut que ce soit André Charles Boulle, l'ébéniste de Louis XIV, qui en serait le créateur, faisant de ce meuble à quatre pieds et quelques tiroirs le remplaçant du coffre du Moyen âge puis du bahut de la Renaissance, voire de la table-armoire chère à Mazarin. Son appellation vient des "commodités", des tiroirs en façade qui ont séduit peu à peu toute l'Europe, chaque période et chaque pays lui donnant un style et une taille.

Rares sous Louis XIV, les commodes deviennent très nombreuses dans les époques Louis XV, Transition et Louis XVI, puis disparaissent en France pour réapparaître entre la fin de l'Empire et Charles X, pour revenir à la mode les années 1940 gainées de galuchat.

Vers 1740, la disparition du ressaut et surtout la suppression de la traverse médiane donne au meuble une surface homogène permettant des décors travaillés. Les ébénistes peuvent alors donner libre cours à la création, en utilisant des matériaux souvent exotiques, des marqueteries en mosaïque, des bronzes sophistiqués, des laques précieuses. Sous Louis XV, l'ornementation très apparente est figurative, faite de thèmes végétaux, avec des dorures imposantes.

Le style Louis XVI est plus sobre, le bronze clinquant étant remplacé par de fines baguettes de cuivre, s'inspire de l'Antique et utilise parfois des ajouts de porcelaine et vers la fin de règne, les pieds deviennent toupie, avec parfois des formes en demi-lune. Avec la période napoléonienne, les meubles s'alourdissent à nouveau de décorations et la façade peut comporter aussi bien des tiroirs que des portes quand les marbres de couverture, souvent sombres, sont taillés à angle droit.

Après la Restauration le bois s'éclaircit - citronnier, érable blond, sycomore et loupe d'orme sont à l'honneur- puis la devanture revient, avec l'impératrice Eugénie à des laques grises et des formes à trois tiroirs aux minuscules poignées.

Acheter: son succès a fait des commodes le mobilier le plus largement copié, parfois avec talent, souvent médiocrement. Il faut donc être très attentif, car les prix peuvent varier du simple au centuple. Ainsi, l'estampille obligatoire depuis 1743 donne au meuble une valeur supplémentaire, faisant atteindre des sommets pour quelques signatures (Riesener, Carlin, Leleu, Gérard, Delorme, BVRB, Carel, Boulle,..). Cette estampille est apposée au fer au dos et se compose du nom de l'artiste ébéniste, des initiales de ses prénoms et des lettres JME, (Jurande des Menuisiers Ebénistes).

Un meuble n'ayant pas été réalisé à l'époque est dit "dans le style de ....", une obligation pas toujours respectée. Ainsi, il faut savoir que l'acajou, bois rouge sombre, n'a pas été importé de 1806 à 1840 et a été remplacé par d'autres essences plus ou moins teintées.

Il faut aussi s'attarder au travail de montage du meuble, car si la façade était toujours soignée, l'arrière ou certaines parties internes ont été parfois bâclés... et sont nettement plus présentables une fois restaurées qu'en leur état d'origine. Autre signe de reconnaissance: les arrêtes des tiroirs. Plus les découpes ("queues d'arondes") sont nombreuses, plus le meuble s'avère récent. Même chose pour les arrêtes qui ne doivent pas être trop nettes. Enfin, comme pour tout mobilier en bois ancien, il faut enfoncer une épingle dans les trous: si elle s'y glisse droit, c'est que le châssis a été percé mécaniquement... il n'y a pas si longtemps!

Payer: la commode la plus chère du monde, un modèle Riesener pour la bibliothèque de Louis XVI, a été vendue par Christie's en 1999 à Londres 10,73 millions d'euros. Hors des commodes répertoriées, estampillées et en parfait état d'origine qui dépassent le demi million d'euros, les meubles les plus courants, même d'époque, sont désormais abordables, car ces trois dernières années, les prix ont nettement baissé. Un modèle portant estampille d'un ébéniste "moyennement" réputé qui s'adjugeait entre 10 et 15.000 euros en 2003, ne vaut plus aujourd'hui que la moitié, voire moins. Même constat pour les commodes plus banales, passées de 6 à 3.500 euros. Car s'il y en a toujours autant de proposées dans les ventes - surtout en province - le nombre d'acheteurs a diminué. Pour les initiés, il y a donc des affaires à faire.

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