Ouverture internationale et salaires à l'embauche modifient le classement des écoles de gestion.
La Tribune
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Cinq confirmations et un bouleversement. Voilà ce que l'on peut retirer de l'édition 2006 du traditionnel palmarès des écoles de gestion établi par le magazine l'Etudiant, qui prend en compte les 36 écoles de management délivrant le grade de master (bac + 5), dont 4 recrutent après le bac et les autres après prépa (voir ci-joint). Les quatre premiers sont aussi traditionnels que le classement lui-même. Ce sont, dans l'ordre, HEC, ESSEC, ESCP-EAP, EM Lyon et l'Edhec. Les trois parisiennes, la lyonnaise et la nordiste sont confirmées dans leurs positions de leaders. En revanche, les challengers se bousculent pour occuper les premières places du peloton des poursuivants. Cette année, l'ESC Toulouse, l'ESC Grenoble et Audencia la nantaise tiennent la corde, notamment en raison de leur politique dynamique en matière de création de filières et de partenariat avec le tissu économique local. Derrière, l'ESC Rouen (9°) et Sup de co Reims (10°), qui figuraient parmi les cinq premières écoles il y a une quinzaine d'année, peinent à conserver leur rang. C'est aussi le cas du CERAM Sophia-Antipolis (18°). En revanche, l'ESC Tours-Poitiers, résultat de la fusion de deux écoles, chacune bien menacées individuellement, décroche un bon 17° rang. La fin du classement confirme en tout cas les craintes de responsables éducatifs : la viabilité d'écoles très locales n'est pas assurée. Quel sera l'avenir de l'ESC Bretagne-Brest (36°) ou de l'ESC Amiens-Picardie concurrencées par des formations universitaires de niveau équivalent quasi gratuites ? Ce classement confirme aussi la quasi-disparition des écoles de commerce privées qui ont perdu leur attractivité, alors que des sommes considérables avaient été investies par certaines pour convaincre des parents de leur confier leurs rejetons.
L'explication de ces mouvements réside dans deux facteurs. D'une part, la mondialisation de l'économie oblige les écoles à préparer leurs élèves à l'international donc à investir lourdement dans la construction de réseaux de partenaires étrangers, donc dans la recherche, devenue un critère clé pour nouer ces accords. Second facteur, la prise en compte, pour la première fois, par le magazine l'Etudiant du salaire à l'embauche et après trois ans d'ancienneté dans l'entreprise. Le magazine, qui émet de sérieux doutes sur les chiffres avancé par les écoles, a pris en compte l'enquête salaire réalisée en 2006 par le cabinet Towers Perrin pour le magazine l'Expansion. Ces salaires se situent dans la fourchette 36 000-39 600 euros à l'embauche pour HEC, ESSEC, ESCP-EAP et EM Lyon et 28 500-33 400 pour le bas du classement. Ce critère, avec le niveau d'exigence des recrutements, pèse pour un tiers dans le classement.
Ce palmarès est évidemment attendu par les directeurs d'école qui voient leur travail sanctionné et par les parents pour diriger leurs enfants. Mais également par les entreprises, qui selon leur stratégie, veulent se payer les meilleurs ou, au contraire, comme Danone visent dans le milieu du classement pour recruter des jeunes pas si mauvais, moins coûteux et surmotivés par l'idée de tailler des croupières à ceux qui les ont précédés au concours d'entrée.
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