Guy Wyser-Pratte entre en force dans le capital de TUI

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Le financier américain a acquis 1 % du groupe de tourisme allemand. Avec pour objectif de débarquer le patron du groupe, Michael Frenzel.

Guy Wyser-Pratte est décidément très actif. Récemment entré au capital du groupe d'électronique français Ingenico, le financier américain jette maintenant son dévolu sur TUI. Guy Wyser-Pratte vient d'acquérir 1% du capital du groupe de tourisme allemand , pour 40 millions d'euros. Et, loin d'avoir vocation à devenir un investisseur dormant, le financier espère convaincre les autres actionnaires de débarquer le patron de TUI, Michael Frenzel.

"Je ne suis pas venu faire une visite de courtoisie. Frenzel doit partir", a lancé Guy Wyser-Pratte dans un entretien à notre confrère Handelsblatt, publié vendredi. Motif du courroux de Wyser-Pratte : les "erreurs massives de gestion" commises selon lui par Michael Frenzel. "Il n'y a pas de stratégie raisonnée, pas de transparence ni de performance ", s'emporte le financier.

Une opinion partagée par nombre d'investisseurs : l'action TUI gagnait 4,94% cet après-midi, à 18,89 euros. Cela fait plusieurs années que les analystes reprochent à Michael Frenzel une expansion à marche forcée dans le tourisme, via la cession des activités historiques du groupe dans l'acier. Conséquence, le cours de Bourse de TUI a perdu 50% depuis 2000.

Ce qui avait déjà donné des idées à d'autres investisseurs que Guy Wyser-Pratte. La récente montée de l'armateur norvégien John Fredriksen à plus de 5 % du capital de TUI avait rallumé les spéculations sur une vente des activités de fret maritime du groupe. La banque Lehman Brothers, qui possède elle aussi plus de 5% du capital, serait également favorable à un départ de Michael Frenzel, selon le Handelsblatt.

Mais Guy Wyser-Pratte, lui, aurait encore plus de raisons d'en vouloir à Michael Frenzel. Le Handelsblatt indique en effet que le financier reprocherait au patron de TUI de l'avoir floué, lorsqu'il avait investi dans le fabricant de machines-outils Babcock-Borsig. Cette société avait fait faillite en 2002, et Guy Wyser-Pratte, qui avait perdu 20 millions d'euros dans l'affaire, reproche à Michael Frenzel d'avoir transféré secrètement à Babcock-Borsig des activités déficitaires de TUI.

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