Le texte sur le pouvoir d'achat passé tout près d'un rejet

Le texte sur le pouvoir d'achat a eu chaud. Faute d'un nombre suffisant de députés de la majorité dans l'hémicycle, le projet de loi rassemblant les récents engagements du chef de l'Etat a bien failli être rejeté.

Les députés de la majorité ont échappé à une grosse colère de Nicolas Sarkozy. En effet, il s'en est fallu de peu pour que le texte sur le pouvoir d'achat, rassemblant des mesures telles que le rachat des RTT, la prime exceptionnelle de 1.000 euros défiscalisée, le déblocage de la participation, la réduction des cautions pour les locations, l'indexation des loyers sur l'inflation, ne soit rejeté.

Tout commence mardi lors de la discussion générale avant l'examen des articles à proprement parler. En ouverture de la séance du soir, à 21 heures 30, le député PS Jérôme Cahuzac a défendu pendant près d'une demi-heure une exception d'irrecevabilité. A la fin de son discours à la tribune, la gauche (38 députés présents) était majoritaire dans l'hémicycle face à la droite (34 députés).

Gouvernement et majorité ont alors dû faire traîner les choses pour permettre aux députés UMP d'arriver à temps dans l'hémicycle avant la mise aux voix de la motion socialiste. L'adoption de cette motion aurait entraîné le rejet immédiat du texte. Le dernier exemple en date remonte à octobre 1998, quand la gauche cette fois-ci avait été mise en minorité lors d'une exception d'irrecevabilité de la droite contre le Pacs, qui avait finalement été voté un an plus tard.

On a donc pu voir les ministres Xavier Bertrand (Travail) et Christine Boutin (Logement) se succéder à la tribune, avant que le président de la commission des Affaires sociales, Pierre Méhaignerie, ne s'exprime à son tour, suivi de Frédéric Lefebvre pour les explications de vote. Le tout à un train de... sénateurs, le comble à l'Assemblée. Pendant ce temps, Jean-François Copé, président du groupe UMP à l'Assemblée, faisait "chauffer" son portable. A grand renfort de SMS, il exhortait ses troupes à rejoindre le Palais Bourbon afin de participer au vote.

Enfin à 22 heures 25, la majorité était enfin redevenue majoritaire et l'exception d'irrecevabilité a donc été repoussée, par un vote à main levée. "Il y a plus de dix voix d'écart!", a lancé le président Bernard Accoyer (UMP) alors que la gauche tempêtait. "Ce texte du gouvernement, véritable usine à gaz, ne convainc même pas la majorité !", a déclaré à l'AFP, à l'issue du vote, le patron du groupe PS à l'Assemblée, Jean-Marc Ayrault.

Le coup de feu passé, Jean-François Copé a expliqué que le retard des députés UMP était lié au fait que certains étaient encore à la réception donnée en leur honneur par le Premier ministre François Fillon dans un palace parisien, d'autres à un dîner chez le secrétaire d'Etat aux Entreprises, Hervé Novelli, et d'autres encore à un repas à la questure.

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