L'Egypte, premier pays africain à adhérer à la convention de l'OCDE sur l'investissement international

Le Caire signe ce mercredi la Déclaration de l'OCDE sur les investissements internationaux. Les investissements directs étrangers en Egypte ont été multipliés par douze entre 2001 et 2006.

Ces dernières années, l'Egypte a accompli des progrès remarquables dans la réforme de sa politique d'investissement, mais les entreprises tant étrangères que nationales restent confrontées à de sérieux obstacles. Un assouplissement de ces restrictions aurait pour effet d'attirer davantage d'investissements et d'intensifier la concurrence, pour le plus grand bien de l'économie tout entière, selon une nouvelle étude de l'OCDE rendue publique ce mercredi.

Pour autant, l'OCDE a invité l'Egypte à adhérer à la Déclaration de l'OCDE sur l'investissement international et les entreprises multinationales. C'est le premier pays arabe et africain à y adhérer et, ce mercredi, Mahmoud Mohieldin, ministre égyptien de l'Investissement, est à Paris pour formaliser cet engagement. Lors de ce processus, l'Égypte est convenue de revoir les restrictions qui pèsent sur les investisseurs et qui ont été mises en évidence dans le rapport. Il s'agit notamment de plusieurs dispositions qui ne servent plus leurs objectifs initiaux liés à l'action des pouvoirs publics, comme certaines limitations dans le secteur du tourisme ainsi que le traitement discriminatoire des investisseurs étrangers concernant la construction, les services de messagerie et les services d'intermédiation commerciale en lien avec les exportations.

L'examen 2007 de la politique d'investissement de l'Égypte relève que les entrées d'investissements directs étrangers (IDE) ont été multipliées par douze entre 2001 et 2006. Elles ont atteint 9 milliards de dollars sur les trois premiers trimestres de l'exercice 2007, contre 0,5 milliard de dollars en 2001. Par comparaison, le total avoisinait 6,1 milliards de dollars en 2006.

L'ambitieux programme de réformes lancé en 2004 a contribué à diffuser plus largement les retombées des IDE dans l'économie du pays. En 2004, le secteur du pétrole et du gaz absorbait les deux tiers des IDE, mais en 2006 ce sont les industries manufacturières et les services qui ont obtenu ce volume d'IDE, le secteur pétrolier ne recevant plus qu'un tiers du total.

Les obstacles à l'entrée des IDE ont été allégés pour les investisseurs tant nationaux qu'étrangers, les formalités douanières ont été simplifiées et, en 2004, un ministère spécialisé a été créé pour promouvoir et gérer les investissements. Le système fiscal en particulier a été simplifié, en réduisant le taux d'imposition des sociétés de 32% et 40% à un taux uniforme de 20%, et l'élimination d'environ 3.000 jours d'exonérations diverses et temporaires d'impôt.

L'investissement étranger dans le secteur manufacturier a été entièrement libéralisé, exception faite des activités liées à la défense. Dans les services financiers et les services de télécommunications privés, les prises de participations étrangères sont autorisées jusqu'à hauteur de 100%. L'enregistrement de biens est devenu beaucoup plus rapide et beaucoup moins onéreux, les coûts étant désormais plafonnés tandis que la mise en place d'un "guichet unique" a permis de ramener les délais moyens de 193 jours à une simple semaine.

Mais l'investissement étranger reste soumis à des restrictions dans plusieurs secteurs, notamment la construction, l'électricité, et les transports. Dans l'industrie de la construction, par exemple, les investisseurs étrangers sont tenus de former des co-entreprises où la participation étrangère est limitée à 49%. La levée de ces restrictions stimulerait la concurrence et serait bénéfique à la fois pour les consommateurs et pour les entreprises, affirme l'étude de l'OCDE.

Dans certains secteurs, des dispositions limitent le nombre de travailleurs étrangers qu'une entreprise peut employer et l'éventail des services qu'ils peuvent offrir. A titre d'exemple, seuls les ressortissants égyptiens sont admis à plaider auprès des tribunaux. Un cabinet d'avocats étranger peut ouvrir un bureau en Égypte pour y servir ses clients internationaux, mais il n'est pas autorisé à représenter un client en justice. Ces restrictions devraient être réexaminées d'urgence, insiste l'OCDE.

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