Chine: les réserves de change pulvérisent le seuil de 1.000 milliards de dollars
La Tribune
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La course folle continue. Les réserves de change de la Chine, les premières au monde, ont augmenté de 78,4 milliards de dollars au quatrième trimestre 2006 pour atteindre quelque 1.066,3 milliards de dollars (823,7 milliards d'euros), a annoncé lundi la banque centrale. Elles avaient augmenté de 46,8 milliards de dollars au troisième trimestre, de 66 milliards au deuxième et de 56,2 milliards au premier. Sur l'ensemble de 2006, leur augmentation est de 247,3 milliards.
A ce record historique s'est ajouté dans la matinée une autre hausse: celle des investissements directs étrangers (IDE), hors secteur bancaire et de l'assurance, qui ont atteint 63 milliards de dollars l'an passé (+4,4%). C'est la première fois que le ministère du Commerce publie ces chiffres en distinguant les IDE financiers et non financiers. En incluant les deux secteurs, les IDE ont légèrement reculé (-4%) en 2006 à 69,47 milliards de dollars.
Le gonflement des réserves de change n'a rien d'étonnant. La Chine accumule mois après mois des excédents commerciaux qui lui procurent d'importantes recettes en devises. En 2006, la hausse de cet excédent a atteint 74% à 177,5 milliards de dollars. Un record dû à l'explosion des exportations qui sont le fruit, pour plus de la moitié, de l'activité des filiales des entreprises étrangères implantées en Chine. La boucle est bouclée: comme les chiffres des IDE en témoignent, ces filiales ne cessent d'amplifier leur présence sur le sol chinois. La banque centrale rachetant la majeure partie des dollars générés par l'excédent commercial, l'investissement direct et les afflux de capitaux spéculatifs, il est donc logique que les réserves de change de Pékin aient plus que triplé en trois ans.
Cette envolée ne simplifie toutefois pas la tâche des autorités. Les tensions à la hausse sur le yuan s'amplifient, nourrissant les critiques américaines sur le thème de la nécessaire appréciation de la monnaie chinoise et d'un rééquilibrage des échanges commerciaux. Les experts tablent sur une nouvelle hausse des taux d'intérêt, à défaut d'une réévaluation du yuan en bonne et due forme. "Nous souhaitons que la Banque centrale se concentre sur la stérilisation (des liquidités) cette année", a commenté l'économiste en chef Asie chez Citigroup, Huang Yiping.
Depuis des mois, le pays doit surveiller le montant des liquidités en circulation et l'inflation. En décembre, la masse monétaire M2 (billets et dépôts) a confirmé le - léger - ralentissement de sa croissance (16,9%). L'encours des crédits en yuan a crû de 15,1%. Pékin a rehaussé le 5 décembre le montant des réserves obligatoires des banques par rapport à leurs prêts de 9% à 9,5%.
La question de la montagne des réserves de change chinoise sera au centre des discussions du groupe des huit pays les plus riches (G8) cette année, a prévenu l'un des principaux conseillers de Angela Merkel, la chancelière allemande. "La Chine a amassé des réserves de change énormes qui pourraient atteindre bientôt 2.000 milliards de dollars (...), ce qui est problématique pour l'économie mondiale", a indiqué Bernd Pfaffenbach, qui est aussi vice-ministre de l'économie allemande. Il a prévenu que le G8 discutera des "déséquilibres" des parités de change avec la Chine cette année.
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