Nicolas Sarkozy engage la réforme de l'Etat

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Le premier Conseil de modernisation des politiques publiques, réuni ce mercredi au Palais de l'Elysée sous la présidence de Nicolas Sarkozy, a adopté un premier train de 97 mesures pour renforcer l'efficacité de l'administration centrale et parvenir à des économies dans le train de vie de l'Etat.

Nicolas Sarkozy trace ce mercredi les premières grandes lignes d'une "modernisation" de l'Etat, un chantier prioritaire pour le président de la république, annoncé durant sa campagne électorale. Le but affiché est de réduire les effectifs et le déficit.

Baptisée Révision générale des politiques publiques (RGPP), cette réforme de l'Etat sur cinq ans doit permettre de supprimer dès 2009 un fonctionnaire sur deux partant à la retraite, contre un sur trois en 2008. Pour ce faire, le premier Conseil de modernisation des politiques publiques, réuni mercredi au Palais de l'Elysée sous la présidence de Nicolas Sarkozy, a adopté un premier train de 97 mesures.

En contrepartie, les économies réalisées serviraient à augmenter les salaires des agents de l'Etat mais aussi à diminuer la dette. La France compte aujourd'hui plus de 5,1 millions de fonctionnaires et, en 2006, les dépenses induites par la fonction publique ont représenté 44% du budget général de l'Etat.

"En quatre mois, nous avons passé au peigne fin 20% des politiques publiques", affirmait François Fillon lundi dans Les Echos, promettant notamment une "réorganisation profonde des services de l'Etat dans les territoires" afin "d'améliorer la vie des Français". Ainsi, selon Le Monde daté de mercredi, la principale évolution, confirmée de source gouvernementale, que devrait rendre publique Nicolas Sarkozy, réside dans un renforcement de la présence de l'Etat dans les régions via un accroissement des pouvoirs des préfets.

Les directions et les services régionaux de l'Etat devraient être couplés pour remédier à "un mille-feuilles administratif", selon l'expression de François Fillon. La fusion annoncée début octobre par le ministre du budget, Eric Woerth, de la direction générale des impôts (DGI) et de la comptabilité publique, afin de créer une seule administration chargée du calcul et du recouvrement de l'impôt, préfigurait la volonté du gouvernement de réaliser des économies d'échelle.

L'ambition de créer dans le domaine de la Défense un "Pentagone français", que doit proposer mercredi Hervé Morin au Conseil de modernisation et qui regrouperait en un même lieu (dans le quartier Balard, à Paris) son ministère, les directions centrales et les états-majors des différentes armes, s'inscrit dans la même démarche de mutualisation des moyens. Vraisemblablement en lien avec cette réorganisation, Nicolas Sarkozy a d'ailleurs assuré mardi que des terrains du ministère de la Défense à Paris, "seront dédiés à la construction de logements dans les meilleurs délais".

Depuis le lancement officiel de ce chantier titanesque de la "réforme de l'Etat" en juillet, vingt-cinq équipes d'audits - des fonctionnaires des corps d'inspection de l'Etat mais également, chose nouvelle, des consultants de grands cabinets privés - sont à pied d'oeuvre pour "passer au crible les dépenses de l'Etat". Les propositions avancées autour de quatre grands thèmes - organisation de l'Etat au niveau local, allégement des contraintes juridiques et des contrôles, relations entre Etat et collectivité locales, amélioration de la gestion des ressources humaines - sont discutées par un comité de suivi piloté au plus haut niveau par le secrétaire général de l'Elysée, Claude Guéant, et le directeur de cabinet du Premier ministre, Jean-Paul Faugère.

Le Conseil de modernisation des politiques publiques qui rassemble tous les ministres et que réunira pour la première fois le chef de l'Etat mercredi avant son intervention, valide les axes retenus par le comité de suivi qui devront ensuite inspirer toute nouvelle politique publique.

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