L'Inde annule officiellement une grosse commande passée à Eurocopter

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Le gouvernement indien a décidé d'annuler l'appel d'offres pour l'achat de 197 hélicoptères qui avait été gagné avec son modèle Fennec par Eurocopter, la filiale d'EADS. Ce contrat de 400 millions d'euros pouvait monter à 1,5 milliard avec l'achat au total de 600 machines. Certains y voient le résultat de pressions américaines.

Après l'échec cuisant du Rafale au Maroc, la France subit en Inde un nouveau revers important en matière d'exportations d'armes. Sous la pression intense des américains, Delhi vient officiellement, comme la rumeur courait depuis plusieurs jours, d'annuler le processus de vente avec Eurocopter (filiale EADS) pour l'acquisition de 197 hélicoptères légers, de type Fennec, pour 600 millions de dollars soit 400 millions d'euros, un contrat qui devait grossir pour atteindre 600 machines et 1,5 milliard d'euros. Une mauvaise nouvelle à quelques semaines d'un voyage de Nicolas Sarkozy en Inde, le 26 janvier, le jour de la fête nationale indienne.

En partenariat avec le groupe indien HAL, Eurocopter devait en effet signer une première tranche de Fennec, la version militaire de l'Ecureuil à l'armée indienne en vue de renouveler la flotte d'hélicoptères Cheetah et Chetak. La proposition d'Eurocopter stipulait que 137 appareils doivent être fabriqués dans les usines de HAL et 60 livrés clés en main.

Dans ce cadre, le constructeur européen avait été sélectionné en début d'année de préférence à l'américain Bell, mais le processus d'acquisition avait été suspendu en juin après l'ouverture d'une enquête. Une lettre anonyme serait parvenue au printemps dernier au ministère de la Défense indien révélant la présence d'agents dans la négociation de ce contrat, précisait-on alors dans les milieux industriels (voir La Tribune du 21 juin).

La réglementation indienne bannit toute présence des agents dans ce type de contrat. Le Comité des achats pour la Défense pourrait donc reprendre le processus d'appel d'offre à zéro au début de la prochaine année fiscale qui commence le 1er avril.

Interrogé mardi dernier par l'AFP (Agence France Presse), Eurocopter s'était déclaré "serein". Une remise en cause constitue un revers pour EADS qui considère l'Inde comme un marché d'avenir notamment pour sa grande filiale Airbus. Alors que le groupe envisage d'investir 2,5 milliards de dollars pour des activités de recherche et de fabrication en Inde, le groupe n'est pas payé en retour dans sa volonté de mondialiser ses activités.

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