Les patrons du Web français veulent leur ministre

L'association Renaissance numérique, qui regroupe les chefs d'entreprise de la galaxie Internet en France, a écrit à Nicolas Sarkozy pour lui demander de manifester une "forte volonté politique" en matière de développement du Web, avec la nomination d'un secrétaire d'Etat chargé du développement numérique.

Qui a dit que le monde d'Internet et les champions de la "nouvelle économie" étaient l'antithèse de la bureaucratie française? Et que moins l'administration s'en occuperait, mieux le Net se développerait? Pas les chefs d'entreprise du Net en France, en tout cas, qui réclament la nomination d'un secrétaire d'Etat chargé de la question...

Ce sont ainsi quelque 60 acteurs du Web en France, regroupés dans l'association Renaissance numérique, qui ont appelé ce jeudi à la nomination d'un secrétaire d'Etat en charge du développement numérique.

Désireux que l'Etat témoigne d'une "forte volonté politique" dans ce domaine, l'association vient d'écrire au président de la République pour lui faire cette demande. Les signataires s'appuient notamment sur le fait que, pendant la campagne de l'élection présidentielle, Nicolas Sarkozy avait plaidé pour "une politique cohérente de développement numérique" et des mesures pour combler la fracture numérique. Le candidat avait d'ailleurs promis qu'il chargerait, une fois élu, un "membre du gouvernement" de mener "la mission de prospective, de pilotage et de coordination de la politique de l'Internet et du numérique".

L'association, qui regroupe de nombreux dirigeants parmi les principaux du secteur, rappelle aujourd'hui le "fort retard" de la France dans Internet. En effet, moins d'un foyer français sur deux (47%) dispose d'un accès Internet à domicile, contre 70% en Allemagne ou en Grande-Bretagne et même 80% aux Pays-Bas ou en Suède, souligne Renaissance Numérique.

Si elle estime qu'il manque toujours un pilote au niveau du gouvernement, l'association, qui avait publié en mars un livre blanc proposant 15 mesures "pour réduire la fracture numérique en France", note cependant des "avancées significatives". Elle se félicite ainsi "de l'évolution des positions du gouvernement et de plusieurs parlementaires" en faveur du "dividende numérique". Ce dossier voit s'affronter acteurs des médias et des télécoms, chacun souhaitant récupérer des fréquences hertziennes qui seront libérées par le basculement de la télévision de l'analogique au numérique d'ici 2011.

Alors que 30% de la population vit en zone rurale et que 2.000 communes (y compris en Ile-de-France) n'ont pas accès au haut débit, Renaissance numérique souhaite l'attribution d'une partie des fréquences aux opérateurs télécoms pour permettre l'extension d'Internet sur le territoire français.

L'association salue aussi la récente adoption par le Parlement d'un amendement permettant la donation d'ordinateurs par les entreprises à leurs salariés, alors que chaque année 2,5 à 3 millions de machines sont envoyées à la déchetterie. Ce texte va permettre d'augmenter de 5 à 10% le taux d'équipement des ménages dans les mois à venir, selon Renaissance numérique, à l'origine de cette disposition.

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