Une semaine marquée par la fin des grèves, les nouveaux records de l'euro et du pétrole et les bons résultats d'Air France - KLM

A la une de l'actualité cette semaine, la reprise du trafic à la RATP et à la SNCF. La hausse des cours de l'euro et du pétrole, les établissements financiers en péril à cause de la crise des subprimes, les performances d'Air France-KLM, les nouvelles prérogatives de la Banque postale et le prochain lancement de l'iPhone ont aussi animé les débats.

Depuis mercredi, syndicats, employeurs et représentants de l'Etat négocient la réforme des régimes spéciaux de retraite. Grâce à l'ouverture de ces discussions, le mouvement social a été interrompu.

LES GREVES S'ACHEVENT, LES NEGOCIATIONS CONTINUENT

Le trafic à la SNCF et à la RATP se rétablit progressivement depuis jeudi après-midi.
Après neuf jours de grève contre la réforme des régimes spéciaux de retraite, c'est un soulagement pour les usagers, les directions des deux entreprises publiques et le gouvernement. Anne-Marie Idrac, la présidente de la SNCF, n'a cessé d'attirer l'attention sur l'impact économique du conflit social. "Le fret vit une situation dramatique" s'alarmait-elle lundi. Christine Lagarde a confirmé ses inquiétudes. La patronne de Bercy a évalué la facture des grèves pour l'économie Française "entre 300 et 400 millions d'euros par jour".

Les premières réunions tripartites (employeurs, représentants de l'Etat et syndicats) sur les modalités de la réforme ont amorcé mercredi cette sortie de crise. A la SNCF et la RATP, cinq rendez-vous pour des négociations points par points ont notamment été fixés entre le 26 novembre et le 18 décembre. Ces avancées ont satisfait les syndicats : les assemblées générales ont presque toutes voté la reprise du travail jeudi. Cependant, ils restent prêts à reprendre la grève en fonction de la tournure des négociations. La CFDT, Sud-RATP, la CFTC ont déjà posé des préavis pour décembre. L'intransigeance du gouvernement sur les fondements de la réforme (allongement de la durée de cotisation à 40 ans, décote...) accroît cette méfiance. Xavier Bertrand, le ministre du Travail, l'a encore répété vendredi : "Sans les principes de la réforme, il n'y a plus de réforme".

Le gouvernement a été confronté à d'autres mouvements de protestation cette semaine. Un tiers des fonctionnaires ont débrayé mardi pour réclamer une hausse de leur pouvoir d'achat. Les buralistes, les étudiants et les ouvriers du livre ont aussi exprimé leurs mécontentements.

L'ENVOLEE DES COURS DE L'EURO ET DU PETROLE S'ACCELERE

L'euro a franchi le seuil de 1,49 dollar vendredi matin. Le cours de la monnaie unique européenne grimpe à cause de la faiblesse du dollar. Le billet vert pâtit du ralentissement de l'économie américaine et des rumeurs sur une nouvelle baisse à venir des taux d'intérêt de la Fed (banque centrale des Etats-Unis). D'après José Manuel Barroso, la vigueur de l'euro nuit aux exportations des entreprises européennes. Le président de la Commission européenne indiquait jeudi qu'il y voyait un "motif de préoccupation". Thomas Enders, le président d'Airbus, s'est montré plus alarmiste : "le déclin rapide du dollar menace la survie d'Airbus" déplorait-il le même jour.

La hausse de l'euro a contribué à celle des cours du pétrole. Le baril de brut a franchi mercredi la barre des 99 dollars à New York. Une décrue inattendue des stocks américains de produits pétroliers cette semaine a aussi alimenté les spéculations.



SUBPRIME : LES ACTEURS LES PLUS EXPOSES A LA CRISE ONT BESOIN D'ETRE RECAPITALISES

Aux Etats-Unis, Freddie Mac a révélé mardi une perte trimestrielle nette de 2 milliards de dollars à cause de la crise des crédits immobiliers à risque. Le n°2 du refinancement hypothécaire a été confronté à la multiplication des défauts de ses emprunteurs. Pour se rétablir, Freddie Mac prépare une augmentation de capital. Le n°1 du secteur, Fannie Mae est aussi en difficulté, avec une perte nette de 1,39 milliard de dollars pour ce trimestre. De son côté, la banque Merrill Lynch a dû renflouer de 1 milliard de dollars l'une de ses filiales très exposée aux subprimes. En France, les Caisses d'épargne et les Banques populaires sont venues au secours de leur filiale commune Natixis. Elles ont annoncé jeudi racheter la totalité du capital de CIFG (société américaine de rehaussement de crédit détenue par Natixis). Coût de l'opération : 1,5 milliard de dollars. A Londres, c'est Paragon qui est menacé par les répercussions de la crise du subprime. Ce spécialiste du prêt hypothécaire a lancé une augmentation de capital de 392 millions d'euros pour honorer une échéance de remboursement.

LE BENEFICE TRIMESTRIEL D'AIR FRANCE - KLM A DOUBLE

La compagnie aérienne franco-néerlandaise, qui a publié ces trimestriels jeudi, affiche un résultat net de 736 millions d'euros, en hausse de 97%. Le chiffre d'affaires s'élève à 6,4 milliards d'euros (par rapport à la même période lors du précédent exercice), en hausse de 5,8%. D'après Air France-KLM, ces performances, supérieures aux prévisions des analystes, sont dues à la vitalité de la demande et à la mise en oeuvre d'un plan d'économies. Fort de ces bons résultats et d'une trésorerie nette de 4,5 milliards d'euros (au 30 septembre 2007), le groupe continue d'étudier deux dossiers d'acquisition, Iberia - mais la compagnie espagnole devrait être rachetée par un groupe d'investisseurs de son pays - et Alitalia. La compagnie nationale italienne dévoilera le 15 décembre le nom de son futur repreneur (Lufthansa et Air One, une compagnie italienne, sont aussi intéressées). Air France-KLM va, par ailleurs, commander une centaine de long-courriers de moyenne capacité (A350 ou B787) au début de l'année prochaine.

LA BANQUE POSTALE VA POUVOIR DELIVRER DES CREDITS A LA CONSOMMATION

Le ministère de l'Economie a autorisé mardi la filiale bancaire de La Poste, créée en janvier 2006, à vendre des crédits à la consommation. "C'est une très bonne nouvelle pour les clients de La Banque postale, et en particulier pour les plus jeunes d'entre eux" s'est réjoui le pdg du groupe, Jean-Paul Bailly. La Banque postale commercialisera ces nouveaux produits à partir de fin 2009. Les banques concurrentes se consoleront avec la fin du monopole de distribution du Livret A. Bruxelles a demandé que le produit de placement préféré des Français ne soit plus exclusivement proposé par la Banque postale et les Caisses d'épargne à partir de février prochain.

L'IPHONE DEBARQUE EN FRANCE MERCREDI PROCHAIN

Le pdg de France Télécom, maison mère d'Orange, a levé le voile jeudi sur les modalités du lancement du nouveau téléphone d'Apple. L'iPhone, exclusivement distribué par Orange, sera disponible à partir du 28 novembre, 18h30, dans douze agences de l'opérateur (à Bordeaux, Lille, Lyon, Marseille, Montpellier, Nancy, Nantes, Nice, Paris, Rennes, Strasbourg, Toulouse). Le téléphone tout-en-un (lecteur mp3, terminal Internet...) sera proposé à 399 euros avec un forfait de base à 49 euros par mois. Orange vendra aussi l'iPhone "nu" (sans abonnement) à un prix non divulgué. En Allemagne, il est commercialisé depuis mardi à 999 euros. La justice a en effet interdit à T-Mobile, le distributeur exclusif outre-Rhin, de conditionner la vente de l'iPhone à un abonnement de 24 mois. C'est une victoire pour l'opérateur britannique Vodafone qui avait déposé la plainte.

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