L'Inspection du travail s'inquiète de la hausse des agressions lors de contrôles

Six agressions d'agents de contrôle de l'Inspection du travail ont eu lieu à Paris depuis le début de l'année, dont deux cette semaine. Pour la hiérarchie de ce corps de contrôle chargé de faire appliquer le droit du travail, ces agressions "posent un problème de fond".

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Les inspecteurs et contrôleurs du travail ont toujours en mémoire la mort de deux des leurs en 2004, tués lors d'un contrôle par un exploitant agricole en Dordogne. Si bien que la notable augmentation des agressions physiques ou verbales qu'ils observent ces derniers mois les inquiète. Les responsables de l'Inspection du travail en ont recensé six depuis le début de l'année rien qu'à Paris, dont deux cette semaine.

"L'augmentation des violences envers les agents de l'Inspection du travail pose un problème de fond dans la mesure où ces agressions sont propre à dissuader les contrôles, estime Noëlle Passereau, directrice du travail, responsable de neuf sections d'inspection du travail à Paris. Notre mission, qui consiste à préserver les lois de la République, n'est pas dangereuse a priori. Mais si elle le devient, nous ne pourrons plus faire notre travail".

Il arrive que les agents de l'Inspection du travail, qui ne bénéficient pas d'une protection particulière lors de leurs contrôles mais peuvent demander l'intervention des forces de police en cas de travail dissimulé, se rendent parfois à deux dans les entreprises. Lundi, un contrôleur du travail a été agressé lors d'une visite dans un salon de coiffure dans le dix-neuvième arrondissement de Paris concernant la durée temps de travail et des faits de harcèlement moral. Le contrôleur a fait l'objet d'insultes racistes et a été frappé par l'employeur avant que sa collègue ne s'interpose. Jugé jeudi en comparution immédiate, l'employeur a été condamné à une peine de trois mois de prison avec sursis et 1.000 euros d'amende.

Une autre agression, qui a eu lieu mardi, concerne un contrôleur en visite dans un restaurant du dix-septième arrondissement de Paris pour un cas de non-paiement de salaires. Le contrôleur a également été insulté, agressé physiquement et menacé par le gérant du restaurant.

"Nous souhaiterions un affichage de tels jugements aux portes des entreprises où se sont produites ces agressions pour indiquer que nous continuerons à les visiter et que les salariés peuvent toujours faire appel à nous", déplore Noëlle Passereau. Malgré la modernisation de l'Inspection du travail engagée en 2006 par Gérard Larcher, et qui prévoit l'embauche de 700 inspecteurs du travail d'ici 2010, le malaise de cette profession demeure profond.

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