Endesa investit dans le gaz et consolide sa position en France

Le groupe espagnol a inauguré deux nouvelles unités de production de gaz dans l'Hexagone, avec pour objectif de doubler sa capacité de production en électricité sur le marché énergétique français d'ici à 2010. Par ailleurs, le PDG d'Endesa France a lancé un nouvel appel à ses actionnaires EDF et les Charbonnages quant au rachat de leur participation.

Troisième producteur et fournisseur d'électricité en France derrière EDF et Suez, Endesa, via sa filiale Endesa France, entend bien consolider sa position sur le marché énergétique français face à ses deux grand rivaux. Le groupe espagnol d'énergie a inauguré ce mercredi en Moselle deux nouvelles unités de production de gaz, qui doivent permettre à terme de doubler sa production d'électricité en France.

Endesa France, contrôlé à 65% par Endesa, compte déjà près de 2.500 mégawatts (MW) de capacités de production et veut en ajouter autant d'ici 2010. Alors qu'il fabrique actuellement 100% de son électricité avec du charbon, le groupe a ainsi fait le choix d'une "entrée dans une nouvelle source d'énergie prometteuse, le gaz", a déclaré son directeur général, Alberto Martin Rivals.

Les deux nouvelles unités à cycles combinés de gaz et de vapeur, sur la centrale d'Emile Huchet à Saint-Avold (Moselle) représentent une puissance totale de 860 MW, et un investissement de 470 millions d'euros. Soit le "deuxième plus grand projet de construction de nouvelles capacités électriques en France" après la centrale nucléaire de Flamanville (Manche, ouest), selon Endesa.

La mise en service est prévue pour 2010, après la construction par l'allemand Siemens. Les deux centrales, qui devraient permettre d'augmenter la capacité d'Endesa en France de 30%, seront suivies de cinq autres unités à gaz prévues dans les autres sites français du groupe.

Le choix du gaz n'est pas anodin pour Endesa qui entend "contribuer à la sécurité de la fourniture électrique en France", alors que le gestionnaire du réseau de transport d'électricité, RTE, prévoit un hiver plus tendu en la matière. Une centrale à gaz, plus rapide à démarrer qu'une centrale nucléaire, répond à la forte demande des périodes de "pointe", pendant qu'une centrale nucléaire apporte l'électricité "en base".

Outre cette énergie, Endesa prévoit aussi de produire 200 MW d'électricité éolienne d'ici 2010 et envisage une centrale à "charbon propre" - avec capture et stockage du CO2 - de 700 MW près du Havre (Seine-Maritime) aux alentours de 2015.

Au final, la moitié du parc d'Endesa en France en 2010 sera au charbon, l'autre moitié au gaz, moins 5 à 10% d'éolien, moyennant un investissement global de 1,3 à 1,4 milliard d'euros.

Autant dire donc que le groupe espagnol n'épargne pas ses efforts pour croître sur le marché énergétique français. En marge de ces investissements, Endesa bataille aussi pour reprendre les 35% d'Endesa France détenus par EDF (18,75%) et les Charbonnages (16,25%).

Alors qu'Endesa est en train d'être racheté par le groupe espagnol de BTP Acciona et le groupe italien d'énergie Enel, les 65% d'Endesa France doivent revenir à l'allemand E.ON au premier trimestre 2008, au terme d'un pacte passé par E.ON et ses concurrents. Le directeur général d'Endesa France Alberto Martin Rivals, a ainsi estimé ce mercredi qu'avoir "un concurrent comme EDF au sein du capital n'avait pas beaucoup de sens". "EDF et les Charbonnages sont restés prudents pendant les mouvements autour de notre capital. J'imagine qu'une discussion viendra plus tard", a ajouté le dirigeant, qui rappelle n'avoir "jamais caché son intérêt pour acquérir les 35%".

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