Laurence Parisot attend du futur président la fin de la durée légale du travail
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Laurence Parisot est entrée en campagne. Devant 6.000 patrons réunis jeudi au Palais omnisports de Paris-Bercy, la présidente du Medef a livré sa vision de la France et ses attentes à l'égard du prochain locataire de l'Elysée. Laurence Parisot s'est refusée à tout pessimisme concernant l'avenir du pays. Renvoyant dos à dos "déclinologues et démagogues", elle a estimé que "rien n'est foutu" lors de l'assemblée générale annuelle de l'organisation, à condition que le futur président de la République donne "un peu plus de liberté et un peu plus d'air" aux patrons français.
Car s'il y a bien un "génie français", de Pasteur au TGV en passant par la carte à puce, pour Laurence Parisot il y a aussi un "carcan" français, qui se nomme "excès de la fiscalité", "excès du code du travail", "hyper réglementation" notamment. "Tout cela oppresse et opprime" les entreprises françaises, déplore la présidente du Medef. Elle a donc fait part, au nom des patrons, de ses revendications, lesquelles sont dans la tradition de la principale organisation patronale.
D'abord, il faut faire reculer le droit du travail en France. La durée du travail devra demain être déterminée "par accord entre patronat et syndicats", et non plus fixée par la loi "une fois pour toutes et pour tous de façon rigide". La législation sur l'emploi doit diminuer aussi: la présidente du Medef plaide pour "une séparabilité à l'amiable" entre employeur et salarié, soulignant à l'occasion "le succès du CNE". Ce contrat de travail destiné aux entreprises de 20 salariés au plus divise profondément les deux principaux candidats à la présidentielle, puisque Nicolas Sarkozy loue son "progrès" tandis que Ségolène Royal promet de l'"abroger".
Laurence Parisot pouvait difficilement réclamer jeudi davantage d'aides aux entreprises au lendemain de la publication d'un rapport révélant que 65 milliards d'euros d'aides publiques leur sont versées chaque année. Pour autant, elle a plaidé pour la pérennisation des allègements de cotisations sociales patronales - 22 milliards d'euros par an -, qui seraient ainsi transformés en "abattements". En outre, elle souhaite le "transfert progressif des entreprises vers la solidarité nationale du financement de la branche famille de la Sécurité sociale". Soit un peu plus de 30 milliards d'euros par an.
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