Le roman de l'après 11 septembre

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Dans un style qui lui est propre, fait d'élégance et de détachement, l'auteur new yorkais décrit , à l'instar des tours, un monde qui s'écroule . Et qui se reconstruit, à l'identique ou presque.

Connu, à juste titre, pour être un des plus brillants narrateurs du New York chic, riche, snob et branché ("Journal d'un oiseau de nuit" ou "Trente ans et des poussières"), Jay McInerney campe son dernier roman dans les décombres des tours du World Trade Center.

Le livre débute par deux soirées mondaines, la première littéraire (on attend Salman Rushdie qui ne viendra pas), l'autre dans un de ses salons d'hôtels où se donne l'inévitable gala de charité. Nous sommes dans le superficiel, le 10 septembre 2001.

Et entrons dans le réel quelques heures plus tard, quand les sauveteurs s'acharnent dans ce qui faisait hier encore la gloire de la ville, de l'Amérique, du monde. Deux des convives des soupers de la veille se retrouvent, bénévoles, à servir plusieurs nuits durant, sandwiches et cafés aux sauveteurs. Et se noue un amour entre le requin de la finance et la scénariste, tous deux mal mariés. Le couple, comme la ville reprend goût, progressivement, à la vie. Mais la vie n'est pas une romance: petit à petit, une fois la charge émotionnelle passée, Corrine et Luke replongent dans leur quotidien et chacun retourne à son chacun.La fumée des ruines s'est dissipée, la boucle est bouclée.

Ecrit dans un style étonnament sobre, volontairement sans s'appitoyer sur le sort des héros (pompiers et policiers) et des anti-héros (ses personnages), McInerney a réussi un tour de force littéraire. Ce livre peut être considéré comme le premier grand roman sur l'après 11 septembre. comme celui de la banalité du retour à la normale après l'exceptionnel.


- "La belle vie" de Jay McInerney, traduit par A. Desarthe, L'Olivier, 428 pages, 22 euros

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