Le Medef veut une rupture économique

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L'organisation patronale propose aux candidats un plan vers 4% de croissance en 5 ans.

Le Medef a appelé ce mardi les candidats à la présidentielle à se montrer "plus ambitieux" pour l'économie et proposé cinq chantiers pour doper la production des entreprises, afin de porter le rythme de croissance vers "l'objectif réaliste" de 4% d'ici 5 ans.

L'organisation patronale a toutefois estimé qu'aucun des programmes des trois principaux candidats à l'élection présidentielle n'était en phase avec cette approche de soutien à la production. "Nous estimons que nous pouvons tendre vers 4% de croissance et nous proposons que ce soit un objectif pour la fin du quinquennat", a lancé la présidente de l'organisation Laurence Parisot lors d'une conférence de presse.

"Pourquoi se contenter d'une croissance à 2%, à 2,25% à 2,5% (...) pourquoi cette interdiction d'une ambition de croissance alors que nous savons tous qu'à 3 voire 4% toutes les difficultés de notre pays se trouveraient progressivement mais sûrement et largement résolues", a poursuivi Laurence Parisot. La présidente du Medef a ainsi estimé que "le chômage, le pouvoir d'achat, la nouvelle pauvreté, les déficits publics, l'endettement" mais aussi "l'insécurité la délinquance" seraient solubles dans une croissance plus forte.

"Il faut changer de point de vue", selon la présidente du Medef, en passant d'une politique "qui fait de la demande le seul levier de l'action économique" en incitant les ménages à consommer, à une approche "qui met la priorité sur l'offre" en encourageant les entreprises à produire. "Si la France faisait le choix d'une véritable politique de l'offre ce serait une révolution copernicienne", a martelé Laurence Parisot, jugeant que pour l'instant "aucun" candidat n'est dans cette "démarche".

Le Medef propose "cinq leviers" à "activer simultanément" pour garantir leur efficacité. Il s'agirait de doubler le rythme de l'investissement, avec une augmentation de 30 milliards d'euros en 5 ans, de stimuler la recherche et l'innovation, en augmentant de 50% les dépenses de recherche et développement de l'industrie, soit 10 milliards supplémentaires en 5 ans et d'augmenter de 80.000 à 90.000 le nombre de PME de 20 à 250 salariés en les aidant à grandir.

L'organisation patronale veut aussi améliorer le taux d'emploi et faire passer de 611 à 670 le nombre d'heures travaillées par habitant, et accroître les exportations de 80 milliards d'euros par an. Pour remplir ces objectifs, le Medef suggère le décloisonnement de la recherche publique et privée, la réforme des universités, la suppression de la durée légale du travail et de la taxe professionnelle, la mise en place d'un mode de licenciement "par consentement mutuel" ou encore le transfert "progressif" des cotisations patronales pour les allocations familiales ou l'assurance maladie vers les contribuables.

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