Dominique de Villepin livre son testament social

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Prononçant un discours sur "l'état social de la nation" devant le Conseil économique est social, le Premier ministre en a profité pour intervenir dans la campagne présidentielle sur les sujets sociaux.

Ce n'est pas exactement un testament social... mais cela s'en rapproche. Le Premier ministre Dominique de Villepin est intervenu ce lundi matin devant le Conseil économique et social (CES) pour prononcer le premier discours sur "l'état social de la nation". Un nouveau rendez-vous annuel, rendu obligatoire par la toute récente loi portant réforme du dialogue social.

Ce discours a été manifestement l'occasion pour Dominique de Villepin d'intervenir dans la campagne électorale, en distribuant les bons et les mauvais points aux uns et aux autres. En affirmant que les Français voulaient que le pays "se modernise" mais qu'il "avance rassemblé", et en mettant en garde contre les effets d'une augmentation "brutale et élevée" du Smic.

"Oui, les Français veulent que notre pays se modernise, oui, ils veulent qu'il se donne les moyens de faire la course en tête dans la compétition économique mondiale", a déclaré le Premier ministre qui a ajouté que les Français partagent le "même attachement au modèle social français (...). Ce modèle, je veux le dire avec beaucoup de force, est une part essentielle de notre histoire et de notre identité, il se confond avec ce que nous sommes, il fait la force et la cohésion de notre société", a-t-il dit.

Une façon de dénoncer les apôtres de la "rupture". Et d'enfoncer le clou: les Français "veulent que la France avance rassemblée, ils veulent une croissance généreuse qui profite à tous, ils veulent une société unie qui fasse sa place à chacun", a-t-il insisté.

Par ailleurs, critiquant implicitement la proposition de la candidate PS Ségolène Royal de porter le salaire minimum à 1.500 euros brut d'ici à 2012, le chef du gouvernement a estimé qu'il fallait faire "des choix clairs sur le Smic". "Les règles d'indexation actuelles sont justes et ne doivent donc pas être modifiées [contrairement à ce que préconise le Medef]. Attention en revanche aux effets sur l'emploi d'une augmentation brutale et élevée du Smic", a-t-il lancé. "Notre objectif final, ce n'est pas d'avoir toujours plus de salariés au niveau du Smic, c'est au contraire de tirer tous les salaires vers le haut", a ajouté Dominique de Villepin, alors qu'il y a actuellement 17% de salariés rémunérés au Smic contre moins de 11% il y a quinze ans.

Estimant que la France était à "un tournant", il a également mis en garde contre "le statu quo" économique et social "dont les Français seront les premières victimes". "Evitons tout retour en arrière, dont le coût serait considérable pour notre pays". Au contraire, il a plaidé pour de nouvelles réformes touchant à la formation professionnelle - il a souhaité à cet égard la tenue d'un "Grenelle de la formation professionnelle" - et à la lutte contre le chômage, demandant une fois encore la fusion de l'Unedic et de l'ANPE.

"Disons la vérité aux Français", a ajouté le Premier ministre en rappelant ses "réformes réussies" - dont, selon lui, le Contrat Nouvelle Embauche, un "vrai succès"- mais aussi ses "échecs". "Evitons de détruire ce qui a été construit et qui marche" et "essayons de bâtir un consensus sur les grands sujets d'intérêt général comme l'emploi ou les retraites", a-t-il plaidé.

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