Peter Mandelson se dit favorable aux "golden shares"

L'Union européenne pourrait autoriser les gouvernements à utiliser des "golden shares" pour empêcher les autres pays de s'emparer de secteurs stratégiques comme la défense et l'énergie. L'inquiétude grimpe en Europe face à la montée en puissance de fonds d'Etat russes, chinois ou arabes.

Protéger les secteurs stratégiques d'OPA de fonds d'Etats étrangers. C'est dans ce but que le commissaire européen au Commerce, Peter Mandelson, trouve légitime l'instauration d'actions portant un droit de veto ou "golden shares". "L'instrument de la golden share pourrait remplir l'objectif européen de garder le contrôle sur des industries stratégiques et politiquement sensibles", a déclaré Peter Mandelson lors d'une conférence de presse ce week-end.

"Nous devons trouver un moyen pour que d'un côté l'Union européenne garde le contrôle sur ses industries sensibles, mais de l'autre côté reste attractive pour les investisseurs étrangers, y compris les fonds d'Etats", a-t-il encore souligné. Pour contrôler la tentation du protectionnisme, qui ferait fuir les investisseurs, Peter Mandelson a estimé que "la responsabilité de l'utilisation des golden shares devrait être partagée entre la Commission et les Etats membres."

Une "golden share" est une action offrant des privilèges à celui qui la détient, le plus souvent un droit de veto ou un plus grand nombre de droits de vote, ce qui permet de bloquer des tentatives d'OPA hostiles ou de fermer la porte à des investisseurs indésirables.

L'inquiétude grimpe en Europe face à la montée en puissance des fonds alimentés par des capitaux publics en Russie, en Chine et dans les Etats pétroliers du Golfe. Dans une étude récente, la banque Morgan Stanley évalue à 2.500 milliards de dollars le trésor de guerre d'une douzaine de fonds de réserves publics.

La chancelière allemande Angela Merkel avait mis à l'ordre du jour la semaine dernière la question d'une défense européenne face à ces fonds, bientôt suivie par la Commission européenne qui veut étudier de près les objectifs de ces investisseurs.

Habituellement hostile à de telles mesures, Bruxelles craint que les OPA dans le secteur de l'énergie ou de la défense aient un but politique et non économique. Le gouvernement britannique a été obligé de renoncer à ses "golden shares" dans BAA, dans le secteur aéroportuaire, mais en conserve chez Rolls Royce, spécialiste de l'aérospatial, et dans BAE Systems (industrie de défense).

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