Juppé, Woerth, Borloo, ministres clé du gouvernement

Parmi les postes les plus en vue figurent Alain Juppé, numéro deux du gouvernement, Eric Woerth ministre du Budget et Jean-Louis Borloo ministre de l'Economie. Ainsi que Bernard Kouchner aux Affaires étrangères et Xavier Bertrand au Travail.

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Alain Juppé, le grand retour

Ministre d'Etat, ministre de l'Environnement, du Développement durable, de l'Energie et des Transports. Numéro deux du gouvernement de François Fillon.

Enarque puis inspecteur des finances, Alain Juppé devient très tôt, dès 1976, collaborateur de Jacques Chirac, alors Premier ministre. Elu député de la 18e circonscription en 1988, il devient ensuite ministre du Budget sous la première cohabitation, puis ministre des Affaires étrangères de 1993 à 1995 dans le gouvernement Edouard Balladur, avant de revêtir les habits de Premier ministre de 1995 à 1997. Premier président de l'UMP lors de sa création en 2002, Alain Juppé est ensuite contraint de céder la place, occupée ensuite par Nicolas Sarkozy, suite à sa condamnation en justice dans l'affaire des emplois fictifs de la mairie de Paris. Il s'exile alors au Canada pendant vingt-deux mois, où il enseigne à l'école nationale d'administration publique. Fin août 2006, Alain Juppé revient du Québec et annonce son intention de se relancer dans la vie politique et de reconquérir le fauteuil de maire de Bordeaux. Il est élu dès le premier tour de l'élection municipale anticipée en octobre de la même année. C'est durant son séjour au Canada qu'il s'est converti à l'écologie.

Lors de la passation de pouvoirs avec l'ex-ministre des Transports Dominique Perben, Alain Juppé a confirmé ce vendredi le souhait du président Nicolas Sarkozy de tenir un "Grenelle de l'environnement" à l'automne pour faire face aux défis écologiques et à la forte attente de l'opinion publique en la matière. "L'attente est forte dans l'opinion publique et la volonté est grande au sommet de l'Etat, comme le président l'a exprimé à plusieurs reprises", a-t-il déclaré.

Eric Woerth décroche son premier poste de ministre

Ministre du Budget, des Comptes publics et de la Fonction publique

Double diplômé d'HEC et de l'IEP, Eric Woerth est élu député en 2002 pour la XIIe législature dans la 4e circonscription de l'Oise. Il est ensuite secrétaire d'État de la réforme de l'État durant le gouvernement Jean-Pierre Raffarin du 31 mars 2004 au 31 mai 2005. Ancien directeur financier et administratif du RPR à partir de 1993 et ancien conseiller parlementaire à Matignon d'Alain Juppé après 1995, il est réputé proche de l'ancien Premier ministre. Il s'est également rapproché de Nicolas Sarkozy grâce à sa fonction de trésorier de l'UMP.

"Au-delà du budget de l'Etat, c'est un ministère très large, très important. Chaque euro dépensé sur le plan public sera utile. Je suis aussi le ministre des économies", a déclaré Eric Woerth lors de la passation de pouvoir avec l'ex-ministre de l'Economie et des Finances Thierry Breton.

Jean-Louis Borloo, une vocation tardive

Ministre de l'Economie et de l'Emploi

Jadis classé parmi les avocats les mieux payés au monde, avec pour client emblématique Bernard Tapie, Jean-Louis Borloo est aussi enseignant à HEC et président de FC Valenciennes avant de s'intéresser à la politique. Découvrant l'aspect sinistré de la région, il se présente en 1986 à la mairie de Valenciennes, où il est largement élu. Depuis 2002, il est présent dans tous les gouvernements. Il est ministre délégué à la Ville et à la Rénovation urbaine de 2002 à 2004, ministre de l'Emploi, du Travail et de la Cohésion sociale de 2004 à 2005. En juin 2005, il devient ministre de l'Emploi, de la Cohésion sociale et du Logement, dans l'équipe menée par Dominique de Villepin. Son plan de Cohésion sociale lui a valu quelques soutiens de la gauche. Le chômage a atteint 8,3% en mars, un plus bas depuis 24 ans. Mais, tout comme l'exactitude de cette statistique, les raisons de la baisse du chômage ces dernières années sont souvent débattues, le facteur démographique jouant un rôle non négligeable dans cette évolution. En tous cas, Jean-Louis Borloo n'en reste pas moins l'une des figures politiques les plus appréciées des Français.

Bernard Kouchner, un accomplissement pour le "french doctor"

Ministre des Affaires étrangères

Médecin de formation, cofondateur de Médecins sans frontières (MSF) en 1971 et de Médecins du Monde (MDM) en 1980, défenseur résolu du droit d'ingérence, Bernard Kouchner a aussi été administrateur du Kosovo au nom de l'ONU de 1999 à 2001. Il a participé durant une dizaine d'années à plusieurs gouvernements socialistes (entre 1988 et 2002), en tant que secrétaire d'Etat à l'action humanitaire ou encore ministre de la Santé. Il s'attire les foudres de sa famille politique en acceptant de participer au gouvernement de Nicolas Sarkozy, alors qu'il était membre de l'équipe de campagne de son adversaire socialiste Ségolène Royal. Mais Bernard Kouchner ne semble pas avoir d'état d'âme vis-à-vis d'un parti qu'il n'a rejoint qu'en 1998 et qui, juge-t-il, ne lui a jamais vraiment offert la place qu'il méritait alors qu'il est régulièrement classé parmi les personnalités préférées des Français. Lors de la guerre en Irak, il est allé à contre-courant de l'opinion dominante en regrettant que la France se soit désolidarisée des Américains. "Si nous avions continué à être à leur côté, nous aurions pu éviter la guerre", avait-il déclaré, regrettant que les Français soient devenus "américanophobes".

Xavier Bertrand apporte la rondeur nécessaire à l'ère Sarkozy

Ministre du Travail, des Relations sociales et de la Solidarité

Diplômé en droit, ancien assureur, Xavier Bertrand a gravi toutes les marches de la carrière politique depuis son entrée au RPR à 16 ans en devenant successivement assistant parlementaire, adjoint au maire de Saint-Quentin (Aisne) puis député en 2002. Nommé à la Santé à la place de Philippe Douste-Blazy, en juin 2005, au lendemain de la nomination de Dominique de Villepin à Matignon, Xavier Bertrand est associé à l'interdiction de fumer dans les lieux publics et fut la cheville-ouvrière de la réforme de l'assurance maladie en 2004. Il doit en grande partie cette ascension à sa connaissance des dossiers de protection sociale.Il a quitté le ministère de la Santé le 26 mars pour suivre le candidat UMP à l'élection présidentielle dont il a été un des deux porte-parole, avec Rachida Dati.

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