Climat: un Appel de Paris pour la mobilisation internationale
La Tribune
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Le président de la République française, s'exprimant au nom d'une quarantaine de pays, a lancé samedi un appel à "la mobilisation internationale contre la crise écologique". "Aujourd'hui, le temps est venu de la lucidité", affirme l'Appel de Paris qu'a lu Jacques Chirac à l'issue de la Conférence pour une gouvernance écologique mondiale. Il faut ainsi "admettre que nous ne pouvons plus nous permettre d'attendre, que chaque jour qui passe aggrave les risques et les dangers."
La conférence a débouché sur la création d'un groupe pionnier des "Amis de l'Organisation des Nations unies pour l'environnement (Onue)", comprenant donc environ quarante pays dont la quasi-totalité des membres de l'Union européenne, et qui devrait pour la première fois se réunir au printemps au Maroc.
Objectif de ce groupe: parvenir à la création d'une Onue qui centraliserait les efforts internationaux en matière de protection de l'environnement, en convainquant les pays encore hostiles ou réticents dont, au premier chef, les Etats-Unis.
Dans sa campagne en faveur d'une telle initiative, Jacques Chirac a reçu le soutien de quelques grandes personnalités comme la Kenyane Wangari Maathai, prix Nobel de la Paix, et l'ancien vice-président américain Al Gore.
Selon les chef de l'Etat français, "face à l'urgence, le temps n'est plus aux demi-mesures: le temps est à la révolution. La révolution des consciences. La révolution de l'économie. La révolution de l'action politique. Le jour approche où l'emballement climatique échappera à tout contrôle: nous sommes au seuil de l'irréversible". Dès lors, la création d'une Organisation des Nations unies pour l'environnement devrait permettre de "porter la conscience écologique mondiale" et de "donner plus de force, plus de cohérence à notre action collective.
Cette initiative a connu d'autant plus de retentissement qu'elle s'est appuyée sur les conclusions du Giec (Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat) rendues publiques vendredi. Des conclusions aussi alarmistes que prévu. Car le réchauffement climatique est bel et bien un problème actuel. C'est d'ici 2100 que les températures devraient augmenter de 1,8 à 4 degrés par rapport à la période 1980-1999, entraînant une hausse du niveau des océans de 18 à 59 cm, a annoncé le Giec, après une semaine de délibération de 500 éminents experts climatiques à Paris.
De plus, les émissions "passées et futures de CO2 continueront à contribuer au réchauffement et à l'élévation du niveau des mers pendant plus d'un millénaire", compte tenu de leur durée de vie dans l'atmosphère. L'essentiel du réchauffement climatique est "très vraisemblablement dû" aux émissions humaines de gaz à effet de serre, avec une probabilité désormais fixée à 90%. Le rapport scientifique du Giec devrait fonder l'action de la communauté internationale pour les cinq ans à venir, alors que les dirigeants de la planète doivent donner une suite au protocole de Kyoto qui vient à échéance en 2008-2012.
Reste que l'idée d'une Onue ne fait pas encore l'unanimité, loin de là. Ni ses financements, ni ses attributions, ni même son nom ne font consensus. Elle pourrait c'appuyer sur le modèle de l'actuelle Organisation mondiale de la Santé (OMS), qui dispose de fonctions de veille et d'alerte. "A l'image de l'OMS, l'Onue sera une voix forte et reconnue dans le monde", peut-on lire dans l'Appel. "Elle doit être un instrument pour évaluer les dommages écologiques et comprendre comment y remédier (...) et un moyen pour soutenir la mise en oeuvre des décisions environnementales à travers la planète."
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