Le gouvernement confirme le gel des OGM en France avant une loi ad hoc, l'Allemagne fait l'inverse

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Un arrêté du ministre de l'Agriculture publié au Journal officiel ordonne le gel du maïs Mon 810, le seul OGM cultivé jusqu'ici en France. Et ce jusqu'à une loi sur les organismes génétiquement modifiés prévue au plus tard le 9 février. Les critiques fusent de toute part.

Le gouvernement a décidé, par un arrêté du ministre de l'Agriculture publié au JO, le Journal officiel, de geler le seul OGM (organisme génétiquement modifié) cultivé jusqu'ici en France, le maïs Mon 810 du groupe américain Monsanto. Il est cultivé dans l'Hexagone sur 22.000 hectares soit 0,75% des surfaces totales de maïs.

Ce gel durera jusqu'à la loi promise sur ce sujet des OGM et prévue au plus tard le 9 février prochain, censée mettre fin à de longue année de bras de fer entre pro et anti OGM. Cette décision aura en fait peu de portée puisque les semis n'ont pas lieu avant le printemps.

Cette décision est, après celle du bonus-malus et de l'éco-pstaille pour différencier voitures propores et véhicules polluants, la seconde application du récent Grenelle de l'environnement, tenu fin octobre.

Pourtant, cette décision est très loin d'être applaudie. Les écologistes de l'Alliance pour la planète ont aussitôt réagi en suspendant leur participation au Grenelle tant que le gouvernement n'a pas relancé la concertation avec toutes les parties prenantes (Etat, collectivités locales, patronat, salariés et associations).

Ce collectif qui réunit 80 associations écologistes dont le WWF et Greenpeace dénonce le manque de concertation et "une remise en cause une à une des décisions prises il y a moins de 6 semaines". Il réclame l'application au niveau européen de la "clause de sauvegarde" qui permet à un Etat membre d'interdire la culture d'un OGM autorisé au plan communautaire.

Pour sa part, le premier syndicat agricole de France, la FNSEA, a jugé "inutile" cet arrêté ministériel, rappelant qu'il avait déjà demandé aux agriculteurs de pas acheter de semences OGM avant le 9 février 2008.

Monsanto France s'est déclarée "scandalisé" par cette décision : "le gouvernement ne fournissait aucun fondement scientifique". Les autres industriels des semences la considèrent également "injustifiée" et réclament "une certaine visibilité" sur ce sujet épineux.

Le paradoxe, c'est que l'Allemagne annonce dans le même temps, par la voix d'une porte-parole du ministère de l'Agriculture, qu'elle va autoriser la commercialisation du Mon810 à partir de 2008, malgré la controverse autour de cette culture.

Berlin souligne que Monsanto a mis en place, comme le souhaitaient les autorités allemandes, un plan de surveillance de ces cultures. La commercialisation de ce maïs modifié et autorisé à la culture en 1998 avait été suspendue outre-Rhin en mai dernier.

Greenpeace a immédiatement dénoncé cette décision de l'Allemagne, la qualifiant d' "irresponsable" en raison des risques (supposés) liés à ce type de culture.

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