Coups d'accordéon sur le dollar

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La devise américaine a rebondi après la publication des dépenses des ménages américains, dont la consommation, en hausse de 0,6% en février, reste inoxydable, avant de rechuter à l'annonce de mesures de rétorsion commerciales américaines à l'encontre de la Chine.

Le dollar avait encaissé une série noire de statistiques sans décrocher, dérivant tout au plus vers son point bas de l'année atteint le 22 février à 1,3410 pour un euro. Il n'y a donc rien d'étonnant à ce qu'il ait rebondi, pour remonter jusqu'à 1,3290 en début d'après-midi, après l'annonce d'une forte progression de 0,6% des dépenses des ménages américains en février. Avec des revenus également en hausse de 0,6%, les Américains, dont la confiance s'est érodée sous les coups de boutoir de la purge immobilière, continuent à consommer avec voracité, écartant le spectre d'un coup de froid sur l'économie de l'oncle Sam, voire d'une récession, dont Alan Greenspan, l'ex-président de la Réserve fédérale, estime qu'elle a une chance sur trois de se matérialiser.

Car la consommation est de loin le principal moteur de l'économie américaine. Et elle nourrit l'inflation: l'indice des prix lié aux dépenses de consommation - le PCE, indice le plus suivi par la Réserve fédérale -, a connu une sensible accélération le mois dernier. Hors produits volatils - énergie et alimentation - l'indice s'est accru de 2,4% en glissement annuel contre 2,2% en janvier. Un niveau que Ben Bernake, le nouveau patron de la Fed, qualifierait sûrement "d'inconfortablement élevé", comme il l'avait fait pour les autres indices de prix mercredi lors de son intervention devant la Commission économique mixte du Congrès, rappelant au passage que sa banque centrale n'avait pas dévié de "son biais inflationniste".

La perspective d'un prochain assouplissement des conditions de crédit aux Etats-Unis s'éloigne donc et avec elle le risque d'une reprise de la dérive du dollar qui reste protégé par des rendements nettement plus élevés que ceux offerts sur les principales monnaies concurrentes.

Si le dollar est protégé par les taux, il risque en revanche d'être victime du protectionnisme ambiant aux Etats-Unis, qui avait déjà été le détonateur de sa rechute en 2002. L'annonce vendredi en fin de journée par le département du Commerce d'une augmentation des taxes américaines à l'importation de certains produits chinois en réponse aux subventions accordées par Pékin à ses exportateurs, notamment dans les secteurs de la sidérurgie et du textile, a momentanément fait retomber le billet vert jusqu'à 1,34 pour un euro. La mesure a été encore plus négative pour le couple dollar - yen, puisque la monnaie nipponne qui s'était à nouveau fortement affaiblie, est remontée d'un point bas de 118, 40 à 117,20.

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