Volkswagen s'assure le contrôle de MAN

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En montant à la dernière limite possible avant de devoir faire une offre sur la totalité du capital de MAN, le groupe automobile allemand va obtenir les trois sièges au conseil de surveillance qu'il convoitait et la présidence de l'organe de surveillance. Une position qui va lui permettre de réaliser le mariage MAN-Scania avec sa propre division camion.

Volkswagen a fait passer le 26 février à 29,9% sa participation dans le capital de MAN. Jusqu'à présent, le premier constructeur automobile avait indiqué détenir quelque 20% du groupe bavarois même si l'Office des cartels lui avait déjà donné l'autorisation de monter jusqu'à cette limite. S'il passait la barre des 30%, il serait obligé de lancer une offre publique d'achat sur la totalité du capital.

"Le directoire de Volkswagen est persuadé que le niveau désormais atteint est à la fois nécessaire mais suffisant pour trouver au final une solution amicale pour regrouper MAN et Scania", a justifié le groupe dans un communiqué, précisant que l'objectif du montage doit être de réaliser le fort potentiel de synergies qui a déjà été mis en évidence.

Après l'OPA ratée de MAN sur Scania le mois dernier, Volkswagen a donc choisi de monter le plus haut possible pour s'assurer les pleins pouvoirs chez MAN. Le voilà maintenant en position de force pour réclamer, lors de la prochaine assemblée générale des actionnaires de MAN, trois des dix sièges détenus par les représentants du capital au conseil de surveillance et notamment celui de président.

La liste pour le renouvellement des sièges doit être avalisée lors de la prochaine réunion du conseil de surveillance de MAN prévue le 9 mars. Plus personne ne doute que Ferdinand Piëch, actuel président du conseil de surveillance de Volkswagen, sera candidat à un siège et vise même ensuite la présidence du conseil. Avec trois voix sur dix et probablement une bonne partie des dix voix des représentants des salariés, Volkswagen assure ainsi les pleins pouvoirs et peut réaliser tranquillement ses objectifs.

Depuis qu'il est monté avec 34% des droits de vote dans le capital de Scania en 2000, Ferdinand Piëch, alors président du directoire de Volkswagen, avait en tête la création d'une grosse division camion sur le modèle de Mercedes. Aujourd'hui, Volkswagen est puissant sur le segment des camionnettes et produit des camions de gros tonnage au Brésil. Mais sa filiale reste trop petite pour avoir une chance à terme. Qu'il cogite depuis...

Même si Scania a refusé l'offre de MAN, il a toujours reconnu la logique et notamment les fortes synergies qu'entraînerait un tel mariage. Reste à trouver un modèle qui satisfasse aussi l'autre gros actionnaire de Scania, la famille suédoise Wallenberg.

D'après les experts, Volkswagen serait prêt à démanteler MAN pour regrouper sous une holding qui lui serait directement rattachée la division camions de MAN, Scania et sa propre activité camions. Les autres pôles de MAN pourraient être vendus ou regroupés sous une structure unique. Investor, holding de la famille Wallenberg, pourrait être intéressée notamment par la division de moteurs diesel. Elle est déjà présente dans le secteur depuis l'an dernier pour avoir racheté à DaimlerChrysler son ex-filiale MTU. Une société que convoitait d'ailleurs aussi à l'époque MAN. Mais ce dernier n'était pas prêt à payer aussi cher.

ThyssenKrupp de son côté, dont son président du directoire est actuellement président du conseil de surveillance de MAN, aurait aussi des visées sur la division industrielle de MAN, ou au moins sur certains pans.

Autant dire que le siège de l'actuel président, Hakan Samuelsson, risque d'être éjectable. En présentant les comptes du groupe au début du mois, il avait défendu la structure du groupe autour de ses quatre pôles. Pas sûr qu'il ait envie non plus d'être rétrogradé au rang de marionnette de petit fils de l'inventeur de la Porsche. Officiellement, MAN s'est toutefois félicité de la montée dans son capital de Volkswagen.

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