La faiblesse des réserves américaines d'hydrocarbures met le feu aux cours du brut
La Tribune
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Retour aux fondamentaux sur le marché du pétrole, après dix jours à suivre de près les affrontements entre troupes turques et rebelles kurdes aux frontières nord de l'Irak. Alors que l'hémisphère nord s'apprête à entrer dans l'hiver, les opérateurs ne s'attardent plus que sur un seul indicateur : le niveau des réserves d'hydrocarbures, qui, en pareille période de l'année, ne devraient cesser de se remplir, afin d'alimenter des raffineries qui vont bientôt tourner à plein régime. Le marché se focalise ainsi sur le niveau de ces stocks aux Etats-Unis, les seuls dont le remplissage puisse être mesuré d'une semaine à l'autre.
Or, surprise, l'Energy Department vient d'indiquer ce mercredi après-midi que, au cours de la semaine dernière, ces inventaires avaient affiché une décrue inattendue. Ceux de pétrole brut non raffiné, ont même plongé de 5,3 millions de barils, alors que les spécialistes les voyaient gonfler, en bonne logique. Une baisse avant tout expliquée par un ralentissement des importations arrivant sur les côtes américaines, qu'aucun spécialiste n'arrive encore à justifier.
Les stocks d'essence affichent également un fort recul de 2 millions de barils, alors que, là aussi, un gonflement était attendu. Même situation sur les produits distillés - dont fait partie le fuel domestique - dont les réserves ont fondu de 1,8 million de barils.
Le marché a d'autant plus reçu ces nouvelles de plein fouet que tous les spécialistes en énergie - à l'exception de ceux de l'Opep - avertissent depuis le printemps dernier de tensions sur les approvisionnements en hydrocarbures, dessinant un risque de pénurie cet hiver... en particulier si celui s'avère glacial, à la différence du précédent. Ainsi, moins d'une heure après la publication sur les stocks américains, le baril de light sweet crude, qui était installé depuis hier sous les 85 dollars, remontait au-dessus de 87 dollars à New York.
Les prix sur le marché de gros remontaient également au-delà de 2,30 dollars le gallon (3,8 litres) pour le fuel domestique, tandis que l'essence s'envolait à plus de 2,15 dollars. Sur le marché londonien, le Brent, en hausse de 1,4%, est repassé au-dessus des 84 dollars le baril.
Une appréciation rappelant celle provoquée, il y a quinze jours, par une fonte similaire des réserves américaines. Ceci avait mis le feu aux cours durant six jours d'affilée - le WTI s'était apprécié de près de 10 dollars - avant d'être amplifié par les événements à la frontière turco-irakienne.
Pour l'instant, la situation sur ce dernier front reste inchangée. Mardi, puis ce mercredi matin encore, le maintien - momentané - sous les 85 dollars le baril reflétait l'espoir que la crise puisse trouver une solution diplomatique. Mardi, le chef de la diplomatie turque dépêché à Bagdad a en effet insisté sur l'importance d'une résolution négociée du problème, estompant quelque peu les craintes que l'ensemble de la région ne soit déstabilisé par une éventuelle intervention armée. La situation reste cependant tendue.
En fin de matinée, un parlementaire turc a ainsi indiqué que les forces armées du pays avaient de nouveau attaqué des positions kurdes. Autant de rumeurs qui menacent de faire aussitôt s'envoler les cours au-delà des 90 dollars. Surtout après l'annonce des stocks américains de cet après-midi.
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