Marché du travail : les syndicats déçus de la position patronale

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Le Medef a proposé ce vendredi un nouvel allongement de la période d'essai. Certains syndicats se demandent si une partie de la délégation patronale ne cherche pas à faire échouer la négociation et donner ainsi la main au gouvernement.

Un climat déplorable. C'est ainsi qu'un syndicaliste qualifie la dernière séance de négociation de l'année sur la modernisation du marché du travail entre les partenaires sociaux. Non seulement les syndicats n'ont pas eu le nouveau projet d'accord qu'ils espéraient vendredi, mais la partie patronale s'est livrée à une présentation différenciée de l'avancée des discussions. Cette négociation est prévue d'aboutir d'ici la mi-janvier.

Ainsi, les dispositions que les syndicats considèrent comme des avancées pour les salariés et qui engagent les employeurs, notamment la portabilité de certains droits après la rupture du contrat de travail (le patronat est divisé sur une réelle transférabilité des droits des salariés d'une entreprise à l'autre), ont été évoquées oralement par le patronat. En revanche, celui-ci a fait par écrit de nouvelles propositions, notamment sur l'allongement de la période d'essai.

Il s'agirait d'un nouveau contrat de travail à durée déterminée à objet précis, les syndicats ayant rejeté le CDI de projet souhaité par le patronat. Les syndicats ont rejeté ce point, certains parlant même de "provocation". "Cela créerait un nouveau sas de précarité pour les salariés, c'est un recul. Les propositions patronales nous éloignent de la possibilité d'un accord", a déclaré Maryse Dumas (CGT). Les syndicats sont d'autant plus déçus qu'ils estimaient que "la balle était vraiment dans le camp du patronat", selon Marcel Grignard (CFDT), en particulier pour faire avancer la sécurisation des parcours professionnels que tous appellent de leurs voeux.

Le Medef devait remettre aux syndicats pour la prochaine réunion de négociation, prévue le 7 janvier, une mouture complète de l'avant-projet d'accord. Mais certains d'entre eux, comme FO, se demandent si "une partie du patronat ne veut pas aller à l'échec dans cette négociation pour que le gouvernement reprenne la main".

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