Manifestations croissantes contre la dictature militaire birmane
La Tribune
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La population de la Birmanie, petit pays d'Asie du Sud Est en proie à une dictature militaire féroce depuis 1962, a fini par descendre dans la rue, moines bouddhistes en tête. Cela fait maintenant une semaine que cela dure. Ce lundi, les témoins rapporte que plus de 100.000 personnes, emmenées par des moines bouddhistes, ont manifesté à Rangoun contre la junte.
Vendredi, 1.500 moines bouddhistes, après environ 1.000 la veille, se sont réunis, sous une pluie battante, devant la pagode la plus célèbre de Rangoon, la capitale du pays, accompagnés de plusieurs milliers de citoyens pour manifester contre la vie chère. Samedi, le mouvement s'est poursuivi.
Et dimanche, environ 10.000 moines, soutenus par autant de civils, ont encore manifesté à Rangoun. En fin de journée, un petit groupe de plus de 200 manifestants, dont 120 bonzes, a cherché à pénétrer dans l'avenue menant à la résidence de l'opposante Aung San Suu Kyi, Prix Nobel de la Paix, mais des policiers armés ont bloqué l'accès.
Autant dire que la situation tourne au casse-tête pour la dictature militaire. Si elle n'a jamais hésité à réprimer toute tentative de s'exprimer de la part de la population - la passionaria des droits de l'homme, Aung San Suu Kyi, n'est-elle pas en résidence surveillée depuis plus de dix ans ? - la dictature hésite à réprimer ce nouveau mouvement guidé par les moines, révérés dans ce pays à forte tradition bouddhiste.
Et si les moines manifestent, c'est qu'ils souffrent, comme le reste des citoyens, de l'envolée des prix depuis plusieurs mois. Le taux d'inflation annuel serait, selon les experts, de l'ordre de 50%. Et comme si cela ne suffisait pas, le gouvernement a décidé, il y a un mois, de doubler le prix de l'essence. Quant au gaz, il vaut maintenant cinq fois plus cher. Du coup, les Birmans ne peuvent plus payer le kérosène pour faire la cuisine, ni leur billet pour prendre le bus, ni leur sac de riz. Car la hausse des prix énergétiques contamine le reste de l'économie. D'ailleurs, si les moines manifestent, c'est aussi parce qu'ils ne peuvent plus s'offrir les lames de rasoir nécessaires à se raser la tête, comme le veut la coutume bouddhiste.
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