Quand le mobilier Haute Epoque devient tendance
La Tribune
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Les vrais passionnés de mobilier Haute Epoque sont rares, car arches (coffre au couvercle bombé... qui a donné le mot archive), cathèdres (fauteuil d'évêque), chayères (chaise d'apparat), caquetoires (chaise à dos élevé), huches (coffre à vêtements), crédences ou dressoirs (ancêtres du buffet), et autres tables de monastères à entretoises sont particulièrement peu adaptés aux logements modernes, sont rarement en parfait état, et demandent de sérieuses connaissances. Les prix s'en ressentent: quand l'Art déco ou le Design voient les étiquettes s'envoler, la Haute Epoque (XVII° siècle) reste abordable.
Forts de ce constat et admiratifs du travail effectué par les artisans de la Renaissance, les décorateurs préconisent ce style: ainsi parient-ils sur la mise en évidence dans un appartement contemporain d'un très beau meuble travaillé avec soin qui se marie avec d'autres éléments moins prestigieux. La mode semble lancée, car les rares ventes spécialisées recueillent à nouveau - la Haute Epoque était appréciée jusque dans les années 70 - l'intérêt du public. Les adjudications, qui avaient nettement baissé, se stabilisent, voire repartent à la hausse, mais encore modérément. SAVOIR
Les meubles en très bon état d'origine sont rares, presque tous ont connu une ou plusieurs restaurations. S'il faut toujours préférer une pièce authentique à une réparation bâclée, les puristes savent qu'il en est d'indispensables: un cuir se remplace car il se racornit. Il faut éviter les remontages (une crédence devenue coffre), les transformations (un décor tardif ajouté sur une armoire), les ajouts (une serrure d'une autre époque).
Il existe deux types d'assemblages: l'embrevé, par languettes et tenons et la queue d'aronde qui facilite le montage à angle droit, une technique plus tardive qui a permis, avec l'influence italienne, de décorer les meubles.
ACHETER
Les pièces d'exception dépassent les 150.000 euros et sont réservées aux collectionneurs fortunés, car objets de littérature spécialisée. Mais on peut trouver des longues tables de monastère pour 4.000 euros, des chayères à accotoir en bois sculpté pour 2.500 euros, des coffres à pli de serviette autour de 2.000 euros, des miroirs huguenots en écaille pour 1.500 euros.
Deux meubles sont particulièrement représentatifs de la Haute Epoque et sont donc mis en vedette. Le cabinet, composé d'une partie à vantaux ouvrant sur des tiroirs et reposant sur un piètement: compter, selon le travail et l'état, au moins 8.000 euros. La crédence, sorte de bahut comportant un entablement surmonté d'un ou plusieurs gradins ou d'une partie supérieure à deux portes, le plus souvent sculpté: un meuble d'apparat qui avoisine les 10.000 euros.
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