De l'Iran à l'Egypte, ambitions et tensions sur le nucléaire au Moyen-Orient

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Les discussions ont repris entre Téhéran et l'Agence internationale de l'énergie atomique, cette dernière étant toutefois accusée de faire le jeu de l'Iran. De son côté, l'Egypte annonce son projet de fabriquer plusieurs centrales nucléaires.

S'il est une question qui agite le Moyen-orient en ce moement, c'est celle du nucléaire, avec beaucoup d'arrières-pensées : après-pétrole, menace face à Israël, etc. Ainsi, l'AIEA, l'Agence internationale de l'énergie atomique, agence de l'ONU, a repris ce lundi ses discussions avec l'Iran sur le nucléaire.

Avec une polémique déclenchée par le chef de l'AIEA, Mohamed ElBaradei, qui a déclaré sur CNN ne pas avoir de preuve que l'Iran était en train de fabriquer la bombe atomique et qu'il lui faudrait de toute façon "au moins quelques années pour y parvenir". Son directeur adjoint, Olli Heinonen, doit rester en Iran trois jours pour faire la lumière sur les centrifugeuses d'uranium, au moment où les Occidentaux envisagent un troisième train de sanctions si l'Iran refuse de suspendre son enrichissement.

Ainsi, le ministre français de la Défense, Hervé Morin, a contredit ce lundi le patron de l'AIEA et a évoqué la menace de sanctions économiques et financières unilatérales.

Le ministre israélien des Affaires stratégiques Avigdor Lieberman, chargé de coordonner les efforts israéliens contre l'Iran, accuse pour sa part Mohamed M. ElBaradei de chercher toutes les raisons pour "blanchir et justifier" l'Iran au nom d'un "engagement vis à vis du monde islamique".

Dans ce climat de fortes tensions, l'Iran ne fait rien pour un retour au calme et évoque des représailles en cas d'attaque contre son pays. "Si c'est nécessaire nous pourrons avoir recours aux éléments prêts au martyre (...) La région du Golfe persique et du détroit d'Ormuz est telle que même une petite opération peut avoir de grandes conséquences", a ainsi lancé le général Ali Fadavi, commandant de la marine des Gardiens de la révolution.

Les grandes puissances qui exigent de l'Iran qu'il suspende son enrichissement d'uranium ont tout de même accepté d'attendre un rapport de l'AIEA à la mi-novembre et un compte-rendu du représentant de la diplomatie européenne, Javier Solana, sur ses discussions avec l'Iran.

C'est dans ce contexte que ce lundi, le président égyptien Hosni Moubarak a annonc la construction de plusieurs centrales nucléaires, proclamant le droit de son pays à l'utilisation pacifique de l'atome dans une région en voie de nucléarisation rapide. Le gouvernement avait annoncé à l'automne 2006 vouloir relancer un tel programme, en sommeil depuis une vingtaine d'années. Pour ce faire, le pays va créer un Haut conseil pour l'utilisation pacifique de l'énergie nucléaire, en prélude à la construction de plusieurs centrales, mais tout en respectant le traité international de non-prolifération nucléaire (TNP), paraphé par l'Egypte.

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