Sarkozy se prononce pour une taxe "climat-énergie" dans le cadre d'une révision globale de la fiscalité

Le président de la République s'est engagé jeudi, à l'issue du Grenelle de l'Environnement, à étudier "la création d'une taxe climat-énergie en contrepartie d'un allègement de la taxation du travail". Un processus qui devrait prendre un certain temps, puisqu'exigeant une remise à plat de la fiscalité.

Nicolas Sarkozy a tranché en faveur de la taxe carbone... mais celle-ci n'est pas pour tout de suite. Intervenant à l'issue du Grenelle de l'Environnement, le chef de l'Etat s'est prononcé pour "la création d'une taxe climat-énergie en contrepartie d'un allégement de la taxation du travail pour préserver le pouvoir d'achat et la compétitivité". La mesure doit être étudiée dans le cadre de la remise à plat de la fiscalité envisagée au printemps 2008. "L'objectif est de taxer plus les pollutions, notamment les énergies fossiles, et de taxer moins le travail", a assuré Nicolas Sarkozy.

Cette question de la "taxe carbone" était considérée comme un "test" du succès de Grenelle par les associations écologistes. Le président de la République a par ailleurs appelé à "étudier" au niveau européen "dans les six mois", "la possibilité de taxer les produits importés de pays qui ne respectent pas le protocole de Kyoto". Il s'est aussi prononcé pour une taxe écologique annuelle sur les véhicules neufs les plus polluants, qui permette "de financer le retrait des vieilles voitures polluantes grâce à une prime à la casse progressive et durable pour aider au rachat d'un véhicule propre". Il a en outre plaidé pour le principe de précaution, "qui doit être interprété comme un principe de responsabilité", a estimé Nicolas Sarkozy, mettant ainsi fin à la polémique engendrée par la commission Attali.

A propos des pesticides, le chef de l'Etat est finalement allé au-delà des conclusions des débats du Grenelle. Ainsi, il a demandé au ministre de l'Agriculture Michel Barnier de "proposer avant un an un plan pour réduire de 50% l'usage des pesticides, dont la dangerosité est connue, si possible dans les dix ans qui viennent". La table ronde sur l'agriculture avait décidé de réduire de moitié l'usage des pesticides, mais sans calendrier. Pour atteindre cet objectif, Nicolas Sarkozy a promis "d'accélérer la mise en point de substances de substitution", jugeant "urgent de renforcer la recherche publique". "On ne peut être en permanence dans les seules mains des firmes phytosanitaires", a-t-il ajouté. La France est le quatrième plus gros utilisateur de pesticides au monde.

Sur les OGM, en revanche, Nicolas Sarkozy a fait montre de prudence. Il a suspendu leur culture "en attendant les conclusions d'une expertise à conduire par un nouvelle instance" qui sera créée... d'ici la fin de l'année. Le gel sera donc de courte durée, ainsi que l'avait demandé la FNSEA, principal syndicat des exploitants agricoles. Les surfaces cultivées en OGM en France représentent 0,75% des surfaces totales de maïs.

Enfin, Nicolas Sarkozy a promis un "droit à la transparence totale" de l'information environnementale. "Toutes les données sans exception seront désormais communicables, y compris sur le nucléaire et les OGM", a-t-il assuré.

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