Electricité et gaz : les Français pas pressés de faire jouer la concurrence

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1% à 3% des Français seulement sont prêts à adopter des tarifs énergétiques concurrentiels. Ils savent que le retour en arrière est impossible.

Arrivera-t-il pour l'électricité et le gaz en France ce qui s'est passé avec la téléphonie et l'accès à Internet ? Peut-être un jour mais pour l'heure, on n'en prend pas le chemin. Depuis dimanche les Français, comme presque tous les Européens, peuvent choisir leur fournisseur d'électricité ou de gaz. Mais ils devraient être très rares à quitter rapidement EDF et Gaz de France, voire à adopter les tarifs de ces derniers ouverts à la concurrence, préférant rester réfugiés derrière le paravent des tarifs dits "réglementés'.

Cette frilosité attendue des Français face à l'ouverture à la concurrence du marché de l'énergie pour les particuliers - cela fait déjà plusieurs années que grandes et petites entreprises et même commerçants ont connu cette bascule - s'explique.

En effet, les clients - en France pour les non-particuliers, à l'étranger pour beaucoup - qui ont vécu ce changement, ont souvent vu flamber leur facture. La faute à l'envolée des prix du pétrole (sur lesquels ceux du gaz sont plus ou moins adossés) et au déséquilibre actuel entre l'offre et la demande, y compris en matière d'électricité.

Le piège a été d'autant plus efficace que les premiers mois, les prix libres étaient inférieurs à ceux qui restaient réglementés. Nombre d'entreprises se sont donc précpités pour constater amèrement quelques mois plus tard que les deux courbes s'étaient inversées et qu'il n'était pas possible de faire machine arrière.

Avertis de cet état de fait, seuls 1% à 3% des Français, selon les derniers sondages, se disent prêts à faire jouer la concurrence. Eux aussi savent que le retour en arrière est interdit. Pire : le changement de type de tarif est attaché au domicile et non à la personne : en déménageant, on peut arriver dans un logement soumis désormais aux prix de la concurrence si son précédent propriétaire en a décidé ainsi.

On ne verra donc sans doute pas les 25 millions de clients particuliers d'EDF et les 11 millions de clients de Gaz de France basculer vers les tarifs concurentiels de ces derniers ou vers leurs concurrents comme Suez, la Snet (passée des mains du groupe espagnol Endesa à l'allemand E.On) ou les encore plus petits Poweo et Direct Energie. Mais ces derniers ne baissent pas les bras pour autant. Ils viennent d'obtenir du Conseil de la Concurrence qu'il oblige EDF à leur facturer moins cher l'électricité que le champion français leur revend en gros.

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