La musique adoucit les moeurs israélo-arabes

Avec "La visite de la fanfare", le jeune réalisateur Eran Kolirin signe un très joli premier film, militant avec humour et humanité pour le dialogue entre Israéliens et Arabes. Une petite fanfare de la police égyptienne débarque un jour en plein désert israélien pour une fête. Passé le premier moment de stupeur, les langues se délient.

C'est un très joli conte de Noël que nous livre le jeune réalisateur israélien Eran Kolirin, un film plein d'humanité, tendre et burlesque, une première oeuvre remarquée au Festival de Cannes, dans la sélection "Un certain regard" où il a obtenu le coup de coeur du jury, le prix de la critique internationale et celui de la jeunesse. Avec finesse et humour, le cinéaste servi par des acteurs arabes et palestiniens, montre sans discours creux que le dialogue est possible entre deux peuples qui ont oublié de s'entendre (dans tous les sens du terme).

En préambule, le réalisateur évoque dans le dossier de presse du film des souvenirs d'enfance, l'époque bénie et pas si éloignée où israéliens et arabes communiquaient encore. "Je regardais souvent des films égyptiens en famille, raconte-t-il. C'était très courant chez les familles israéliennes, au début des années 80. Les vendredis après-midi nous regardions haletants les intrigues compliquées, les amours impossibles et les chagrins à vous arracher des larmes d'Omar Sharif....". Ces souvenirs sont corroborés par sa compatriote Ronit Elkabetz, la volcanique actrice principale du film qui joue Dina, la tenancière d'un bar-restaurant, proclamant: "Ma vie est un film arabe". Et d'ajouter: "Qu'on le veuille ou non, la culture arabe est dans nos veines: notre cuisine, notre musique, notre langue sont largement nourries par la culture arabe...".

Une petite fanfare de la police d'Alexandrie débarque un jour à l'aéroport de Tel-Aviv. Ils sont huit engoncés dans leurs superbes uniformes bleu azur, menés à la baguette par leur chef, Tewfiq (le formidable acteur israélien Sasson Gabai), homme sévère qui ne plaisante pas avec le protocole. Ils viennent pour animer l'inauguration d'un centre culturel arabe perdu en plein désert israélien. Aucun d'entre eux ne parle l'hébreu et ils comptent bien être pris en charge dès leur arrivée. Mais personne n'est là pour les accueillir. Que faire? Khaled, le joli coeur de la troupe, part au renseignement auprès d'une hôtesse et dans un anglais approximatif en tire quelques indications sur le trajet à accomplir en car.

Mais Khaled a mal compris. Et la troupe, se retrouve au terminus du car, en rase campagne, à la nuit tombante, non loin d'une ville nouvelle qui abrite une colonie israélienne.

Furieux, le chef prend alors les choses en main. Et toute la troupe de se présenter à la queue-leu leu au bar-restaurant planté au milieu du carrefour, à l'entrée de la colonie. Surprise de la patronne, Dina, femme d'expérience qui pourtant en a vu d'autres! Mais passé le premier moment de stupeur, cette fille au grand coeur va s'occuper du sort de ces huit hommes et leur trouver un couchage pour la nuit. Elle en prend deux chez elle, non au hasard, jetant son dévolu sur le chef et sur Khaled, dont elle s'occupe tout particulièrement, obtenant les confidences de l'un et les faveurs de l'autre!

Mais pour tous les membres de la fanfare, cette soirée en terre israélienne ne sera pas banale. Pour les Israéliens qui les héberge non plus...

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