Nicolas Sarkozy assure le service après-vente de ses réformes sociales

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Sur TF1 jeudi soir, le président de la République s'est exprimé sur la nécessité de réformer le contrat social français. Tous les salariés, qu'ils soient issus du secteur public ou privé ou qu'ils bénéficient de régimes spéciaux de retraite, sont concernés par ces réformes.

Après avoir affiché ses ambitions en terme de réformes sociales mardi et mercredi devant les journalistes de l'information sociale de l'Ajis puis devant les fonctionnaires, le président Nicolas Sarkzoy a affirmé jeudi soir dans les journaux de 20 heures qu'il ne voulait pas "transiger sur les principes" qui le conduisent à engager la réforme des régimes spéciaux et aligner la durée de cotisation à 40 ans.

"Je ne céderai pas sur ce principe parce que c'est un principe d'équité.Le gouvernement est prêt à discuter assez largement du temps qu'il faut pour arriver à 40 années", a-t-il ajouté, citant notamment le délai de "cinq années".

"Il ne faut pas stigmatiser cette catégorie de Français", a toutefois jugé le chef de l'Etat, mentionnant la "pénibilité", "l'histoire des luttes sociales dans notre pays" et "le statut" de ces salariés. Ceux-ci ne sont pas des "privilégiés. Ce sont des petits salaires et des boulots difficiles", a-t-il insisté, affirmant aussi qu'il ne voulait "pas monter les gens contre eux".
Le chef de l'Etat a rappelé son intention, exprimée mardi, d'aligner la durée de cotisation des salariés soumis aux régimes spéciaux "sur le régime général de la fonction publique", même s'ils conservent leur "statut particulier". "Je le dis en ayant parfaitement conscience de l'effort qu'on leur demande, de la difficulté que cela représente", a-t-il remarqué. "D'ailleurs si c'était facile, les autres gouvernements l'auraient fait", a-t-il dit.

Nicolas Sarkozy souhaite aussi faire de la lutte contre la fraude aux allocations sociales un enjeu stratégique, envisageant de supprimer les allocations pendant un an en cas de fraude et des amendes plancher pour les entreprises."C'est un enjeu d'environ 30 milliards par an", a-t-il assuré.

Un plan de réformes que le président du groupe UMP à l'Assemblée nationale, Jean-François Copé, interrogé sur LCI, a estimé qu'il constituerait un "rendez-vous difficile". Pour mémoire, Alain Juppé, alors Premier ministre, s'était cassé les dents en 1995 sur l'explosif dossier des régimes spéciaux. Ce projet de réforme avait déclenché la plus grande grève en France depuis mai 68.

Il a aussi ajouté que l'Etat ne donnerait plus d'allègements de cotisations sociales aux entreprises qui ne se plient pas à l'obligation de négociation salariale annuelle. "Les allègements de charge, on ne les donnera pas lorsqu'il n'y aura pas de discussions salariales dans l'entreprise. Je n'accepte pas la situation selon laquelle les conseils d'administration se réunissent pour débattre de l'augmentation de la rémunération des dirigeants, et, dans la même entreprise, après avoir augmenté le dirigeant, on explique pour les salariés qu'il n'y a plus de pouvoir d'achat et qu'on ne peut plus les augmenter."La loi prévoit des négociations salariales, donc je dis les choses extrêmement clairement: dans les entreprises où il n'y aura pas de négociations salariales et où on laissera les minimas de branches en dessous du Smic, on posera la question des allègements de charges", a-t-il précisé.

En outre, alors que le taux de change euro/dollar a franchi jeudi la parité de 1,40 dollar pour 1 euro, le président de la République a déclaré qu'il "croyait en l'indépendance de la Banque centrale européenne (BCE), tout en appelant à nouveau implicitement celle-ci à baisser ses taux d'intérêt.
"Jean-Claude Trichet - le président de la BCE - ne peut pas dire qu'il est indépendant et qu'il n'accepte pas qu'on discute de sa politique monétaire.La banque fédérale américaine, devant la situation générale de l'économie, baisse ses taux", a-t-il expliqué, "la BCE ne les baisse pas. Quand la banque fédérale américaine baisse ses taux, tout repart. Quand nous, nous ne baissons pas les nôtres, on s'enfonce. Il y a quand même un petit problème".

Le président Nicolas Sarkozy s'est également prononcé en faveur de quotas d'immigration afin de limiter le nombre d'étrangers accueillis chaque année sur le territoire français."Je le dis de façon très claire, je souhaite que nous arrivions à établir chaque année, après un débat au Parlement, un quota avec un chiffre plafond d'étrangers que nous accueillerons sur notre territoire. Je souhaite également qu'à l'intérieur de ce chiffre plafond, on réfléchisse à un quota par profession, par catégorie. Seuls 7% de l'immigration d'aujourd'hui est une immigration de travail. Comment s'intégrer en France si on n'a pas de travail ? Je souhaite porter le chiffre de l'immigration du travail à au moins un sur deux", a-t-il ajouté. Il a par ailleurs déclaré "ne pas être choqué" par l'amendement autorisant le recours aux tests ADN voté avec le projet de loi sur l'immigration.

Sur le plan de la politique internationale et des tensions avec l'Iran, le chef de l'exécutif a déclaré : la France "ne veut pas de la guerre" contre l'Iran, réaffirmant qu'il était "inacceptable" que Téhéran puisse se doter de l'arme atomique. Sur la question de l'adhésion de la Turquie à l'Union européenne (UE), il a déclaré ne pas penser "que la Turquie ait sa place en Europe" tout en souhaitant qu'elle puisse bénéficier d'un "véritable partenariat" avec l'UE

Enfin, au sujet de l'affaire Clearstream, Nicolas Sarkozy a exclu de retirer sa plainte, soulignant l'avoir déposée deux ans avant d'avoir été élu à l'Elysée, et affirmant que son nom avait été "sali".

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