La CGC interpelle les candidats sur le pouvoir d'achat et l'emploi

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Interpellés ce matin par la CFE-CGC, présidée par Bernard van Craeynest, sur leurs programmes économiques et sociaux, les représentants des candidats à la présidentielle Marie-George Buffet (PCF), Ségolène Royal (PS), Nicolas Sarkozy (UMP) et François Bayrou (UDF) ont apporté des réponses sur les thèmes des délocalisations et de l'emploi.

Après avoir interpellé les candidats à l'élection présidentielle sur leur programme, la CFE-CGC a organisé ce jeudi matin une table ronde avec les représentants des principaux candidats à l'élection présidentielle pour décrypter les réponses reçues à leur questionnaire. Ils ont notamment répondu à un militant de la confédération des cadres sur leurs programmes face aux "énormes écarts" de salaires et coûts du travail entre les travailleurs de France et ceux d'Inde ou de Chine, qui mettent "en danger" l'industrie française. Alain Obadia, responsable des questions économiques au PCF, a expliqué qu'on "ne pourra jamais entrer en concurrence avec les pays à bas salaires". Avant de poursuivre: "Il faut instaurer un différentiel social et écologique sur la circulation des produits, un sas entre des pays aux niveaux de vie très différents".

De son côté, le député UMP Eric Woerth a évoqué une "taxation écologique" pour les produits importés de pays qui "respectent moins bien les normes environnementales". Il a aussi proposé d' "augmenter la qualification des travailleurs français" pour répondre à la mondialisation. Le député PS, Gaëtan Gorce, a de son côté insisté sur la nécessité d'une véritable "politique industrielle européenne". Dans une réponse écrite aux questions de la CFE-CGC, Ségolène Royal estime que l'Etat doit "aider les individus à répondre" à l'exigence de "compétitivité" mondiale par l' "éducation, la formation et l'accompagnement individualisé".

Interrogé sur les questions d'emploi et de pouvoir d'achat, Eric Woerth (UMP) a à nouveau plaidé pour une revalorisation du travail", estimant que les "35 heures étaient un minimum de travail". Il a également indiqué que si Nicolas Sarkozy était élu à l'Elysée, il ne "reviendrait pas sur cette loi qui est une profonde erreur, mais qui est là". Questionné par une militante sur la particularité des cadres soumis aux forfaits-jours qui voient leur charge de travail augmenter et qui ne sont pas rémunérés en heures supplémentaires, il n'a pas répondu précisément. Il a en revanche insisté sur les propositions-phares de l'UMP, à savoir "défiscaliser et exonérer de charges sociales sur les heures supplémentaires", "essayer de fluidifier le marché du travail", "réformer le service public de l'emploi" et "revoir les contrats de travail". Il a également évoqué "le souci du logement" et estimé que "le seul moyen de le conserver était d'en être propriétaire". "Même si un peu plus de 50% des Français sont actuellement propriétaires de leur logement", a-t-il rappelé, "il faut aller plus loin". C'est pourquoi il propose la mise en place "d'un crédit d'impôt pour les intérêts d'emprunt" et la création de logements intermédiaires.

Alain Obadia (PCF) plaide, lui, pour augmenter le Smic "tout de suite à 1.500 euros brut" et veut "revaloriser l'ensemble des grilles hiérarchiques", rappelant qu'il y a "un nombre significatif de cadres rémunérés en dessous du plafond de la Sécurité sociale". C'est pourquoi il propose la tenue d'une conférence sur les salaires, l'emploi et les qualifications. Sur le logement, il souhaite "un rattrapage de 120.000 logements sociaux par an" et préconise la création d'un "service public du logement".

De son côté, Jean Arthuis (UDF) préconise la mise en place de deux mesures immédiates: "rémunérer les heures supplémentaires 35% plus cher que l'heure normale" et "accélérer le versement des fonds issus de la participation et de l'intéressement". Pour encourager le "partage des bénéfices", il veut aller "plus loin que la loi actuelle" sur l'épargne salariale et que "ces fonds ne soient pas bloqués, mais immédiatement disponibles". Et pour revoir les conditions de l'intéressement, de la participation et de l'épargne salariale, il faudra "une consultation des partenaires sociaux". Par ailleurs, pour stimuler la construction de logements sociaux, il propose que "25% de la surface de tout nouveau programme d'habitation soit réservé à des logements sociaux ou intermédiaires". Enfin, il souhaite "pour faire respecter la loi SRU", que "le préfet puisse se substituer au maire", quand celui-ci se montre "réticent à l'appliquer".

Marie-George Buffet (PS), Nicolas Sarkozy (UMP), François Bayrou (UDF) et Dominique Voynet (Verts) ont également transmis au syndicat leurs réponses écrites sur les cinq thèmes, notamment sociaux, choisis par la confédération, qui ne donne aucune consigne de vote à ses adhérents.

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