Bernanke tente de rassurer les marchés alors qu'une nouvelle faillite est annoncée

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Un fonds d'investissement australien, Basis Yield Alpha Fund, s'est placé en faillite aux Etats-Unis en raison de lourdes pertes liées à la crise de l'immobilier américain. Le président de la banque centrale américaine (Fed), Ben Bernanke, a répété que celle-ci était prête à agir "en fonction des besoins" pour permettre à l'économie d'absorber les turbulences financières.

Un fonds d'investissement australien, Basis Yield Alpha Fund, s'est placé en faillite aux Etats-Unis en raison de lourdes pertes liées à la crise de l'immobilier américain. Le fonds, dont 50 millions de dollars sont détenus aux Etats-Unis, s'est placé sous la protection de la loi des faillites à New York. Il est supervisé par la société australienne Basis Capital, qui avait mis en garde les investisseurs à la mi-juillet contre des pertes liées à l'immobilier. Basis Capital n'a pas révélé l'ampleur des pertes dans les documents remis au tribunal, mais il a précisé qu'il avait plus de 100 millions de dollars de dettes.

Le président de la banque centrale américaine (Fed), Ben Bernanke, a répété que celle-ci était prête à agir "en fonction des besoins" pour permettre à l'économie d'absorber les turbulences financières, dans une lettre reproduite dans le Wall Street Journal mercredi.

La banque centrale "surveille la situation" et elle est "prête à agir en fonction des besoins pour adoucir les effets négatifs sur l'économie provoqués par les perturbations sur les marchés financiers", assure M. Bernanke dans cette lettre envoyée au sénateur Charles Schumer, et datée du 27 août. La Fed "suit de près les développements sur les marchés financiers", a ajouté M. Bernanke, en réponse à deux lettres du sénateur s'inquiétant des répercussions des turbulences financières.

M. Bernanke doit prononcer vendredi un discours très attendu, consacré à "l'immobilier et la politique monétaire". Les marchés espèrent que la banque centrale abaissera son taux directeur ("Fed funds"), qui est actuellement fixé à 5,25%, lors de sa prochaine réunion, le 18 septembre. Mais certains analystes soulignent que la banque centrale ne pourra peut-être pas attendre une date aussi tardive si les marchés se détériorent nettement.

Mercredi, la Bourse de New York a terminé sur un fort rebond, l'indice Dow Jones gagnant 1,90%, effaçant ainsi une grande partie de ses pertes de la veille. Toutefois, les investisseurs restent très nerveux sur les conséquences économiques de la crise du "subprime" et sur les intentions de la Fed. Celle-ci a déçu les marchés mardi après la diffusion de quelques minutes de sa dernière réunion du 7 août dernier. Les analystes relèvent qu'au cours de cette réunion, elle n'a pas adopté un ton offensif, qui aurait pu augurer une baisse des taux.

Dans sa lettre, M. Bernanke s'inquiète des risques encourus par les propriétaires de logements trop endettés pour faire face à la hausse de leurs mensualités, rendue inéluctable par l'ajustement des emprunts à taux variables.
"Je partage votre inquiétude sur l'effet potentiel qu'auront les ajustements de taux sur les propriétaires ayant des emprunts 'subprime' à taux ajustable", affirme le président de la Fed.

"Au cours des années à venir, un grand nombre d'entre eux devront faire face à des paiements beaucoup plus élevés et, de ce fait, au risque de perdre leur logement du fait d'une saisie ou d'une vente aux enchères", ajoute-t-il.
Il évoque aussi des pistes pour éviter que la situation ne se reproduise.

"Peut-être les secteurs privés et publics pourraient-ils, séparément ou en collaboration, aider la situation en développant une gamme plus large de prêts hypothécaires qui seraient appropriés pour les emprunteurs à revenus faibles ou moyens", esquisse-t-il.

"De tels produits pourraient être conçus pour empêcher ou amortir les risques de chocs liés aux paiements et pour être plus transparents dans leurs termes", poursuit-il. Poussés par les prêteurs, de nombreux ménages à faibles revenus se sont retrouvés dans une situation intenable après avoir contracté des prêts aux montages complexes, et aux conditions très opaques.

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