Le Pen pour que la France retrouve sa souveraineté en Europe

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S'il était élu, le président du Front National renégocierait avec Bruxelles pour que la France retrouve sa souveraineté. Très critique envers Washington, il estime cependant qu'un échec américain en Irak serait "dramatique" pour l'Occident.

"Je suis le seul candidat à la présidence de la république française !" Premier invité de l'Association de la presse diplomatique française (APDF), qui compte convier aussi les trois autres principaux candidats à la présidentielle (Nicolas Sarkozy, François Bayrou et Ségolène Royal, le président du Front National a d'emblée cherché, ce jeudi, à se démarquer de ses concurrents, estimant qu'ils n'étaient que candidats à la direction "de la province française" au sein d'une Europe dans laquelle toute souveraineté nationale a été abandonnée.

Pour autant, même s'il reconnaît que, jeune député, il avait voté en 1957 contre le Traité de Rome, il affirme qu'il est aujourd'hui pour une "Europe des nations", de "Brest à Vladivostok", c'est-à-dire englobant des pays comme l'Ukraine, la Moldavie ou la Russie, dont les peuples "ont en commun beaucoup de choses" avec les Européens.

Jean-Marie Le Pen estime en outre qu'il n'est pas nécessaire de revenir sur le rejet du projet de traité constitutionnel européen de 2005 - "on a déjà voté !" - mais qu'il ne faut pas "renoncer a priori aux coopérations militaires européennes" existantes. Pour asseoir les ambitions françaises dans ce domaine, il se prononce sans hésitation pour un deuxième porte-avions : cela irait "mieux si on le construisait, mais on pourrait à la limite l'acheter", juge-t-il.

Concernant l'euro, le leader du Front National ne souhaite pas "tirer sur les ambulances". Dans l'attente de son programme détaillé qui devrait être publié ce dimanche, il reconnaît qu'il serait difficile de "sortir" de l'Union européenne. En revanche, il veut, s'il accède au pouvoir, "entrer tout de suite en négociation avec les autorités européennes" pour que la France retrouve sa souveraineté, notamment dans le domaine migratoire, à l'image de ce que le Royaume-Uni ou le Danemark ont obtenu par le passé dans d'autres domaines.

Très critique sur les régularisations massives d'immigrés espagnoles ou italiennes comme sur le concept d'immigration choisie cher à Nicolas Sarkozy, Jean-Marie Le Pen se dit aussi pour un "protectionnisme éclairé" en matière économique, ce qui, selon lui, ne correspond pas à une "ligne Maginot à nos frontières". Pour autant, il ne détaille pas comment il envisage, ainsi qu'il l'a déclaré à plusieurs reprises, instaurer des taxes à l'importation sur les produits étrangers.

Très dubitatif sur une politique de co-développement, notamment avec les pays africains - "avec quel argent ?"-, le président du Front National estime que la France pourrait retirer ses troupes disposées dans différents points chauds du globe. "Après tout, on peut vivre sans avoir cette forme d'influence..." Quant à l'Algérie, il ne se prononce pas contre un traité entre Paris et Alger : "pourquoi pas, mais pas avec Bouteflika !"

Sur le dossier sensible du nucléaire iranien, il se demande ouvertement "qu'est-ce qui pourrait interdire, en droit, à l'Iran de se doter de l'arme atomique ?", cette arme restant selon lui "une arme de non emploi", et relativise les déclarations belliqueuses "homériques" de Téhéran contre Israël.

Se déclarant "assez slavophile" et estimant que Vladimir Poutine constitue une "chance que les Russes ont eue", il plaide pour une "coopération plus étroite avec la Russie". Avec les Américains, il ne ménage pas ses critiques sur leur intervention en Irak. Mais, reconnaît-il, leur échec prévisible à Bagdad serait "dramatique pour eux et pour nous" et cette "perte de prestige de l'Occident aura des conséquences incalculables". Un pessimisme applicable à la situation libanaise, pour laquelle Jean-Marie Le Pen se déclare "choqué de l'opération d'Israël contre le Hezbollah" l'été dernier, qui a selon lui jeté un certain nombre de chrétiens dans le camp musulman.

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