"Mon fils à moi", excès d'amour maternel

Un premier film percutant de Martial Fougeron. Avec Nathalie Baye, impeccable en mère possessive qui ne supporte pas que son fils lui échappe.

Soit une famille modèle qui habite un petit pavillon impeccablement tenu par la mère, femme au foyer qui a toutes les qualités et suit de très près l'éducation de son fils Julien, un ado plutôt docile qui vit sous son aile protectrice autant que dominatrice. Le père (l'excellent Olivier Gourmet), retranché derrière son métier, ne se mêle en rien des affaires domestiques. Seule la grande soeur fait remarquer que peut-être il se serait bon que la mère relâche la pression permanente qu'elle exerce sur son fils. Mais, la soeur doit quitter la maison familiale pour s'installer sur le campus universitaire. La mère ne fait rien pour la retenir; elle va enfin se retrouve seule à seul avec son fils, son rêve!

C'est une histoire passionnelle que conte avec une grande maîtrise Martial Fougeron dans ce premier film percutant, servi par le talent de Nathalie Baye qui sous les sourires et les dehors BCBG masque une violence inquiétante, une volonté de posséder pathologique. Elle l'avoue d'ailleurs sans ambages à son fils, "Je suis bien avec toi", laisse-t-elle échapper quand elle est seule avec lui à danser le rock n' roll. De dérapage sexuel, il ne sera pas question. Mais la folie douce au départ, devient folie tout court à mesure que le garçon manifeste des velléités d'indépendance.

Ecole, sports, amitiés, flirt avec une petite camarade et même complicité avec sa grand-mère un peu fofolle.... La mère verrouille toute la vie de son fils, ne tolère aucune incartade, aucune respiration possible en dehors de son aire d'influence. Julien résiste-t-il, que sa mère perd tout contrôle et entre dans des colères noires. Son fils, c'est son bien, elle n'entend pas le partager.

Refuser de s'alimenter, c'est la seule réponse que Julien trouve à la persécution (le mot n'est pas trop fort) dont il est l'objet sans que nul ne vienne à son secours. La nourriture, c'est en effet la prérogative de la mère. Refuser l'une, c'est refuser l'autre, et c'est s'exposer aux pires représailles. Lesquelles ne vont pas manquer de s'abattre sur le pauvre garçon, victime d'un d'excès d'amour.

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