Wolfowitz sur la sellette pour une affaire de népotisme

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Le sort du président de la Banque mondiale, Paul Wolfowitz, pourrait dépendre d'une la décision des administrateurs ce dimanche. Son conseil d'administration et nombre de pays européens, comme l'Allemagne et la Grande-Bretagne, lui reprochent les spectaculaires augmentations de salaire octroyées à sa compagne employée à la Banque mondiale.

Le président de la Banque mondiale depuis 2005 est dans les cordes. Désavoué vendredi par son conseil d'administration, qui affirme ne pas avoir été informé des augmentations de salaire octroyées à sa compagne employée par la Banque mondiale, Paul Wolfowitz pourrait avoir à quitter ses fonctions dès ce soir. Les employés de l'institution et un grand nombre d'organisations non-gouvernementales, dont l'appui contribue à l'efficacité de la Banque sur le terrain, ont publiquement demandé sa démission.

Les représentants de l'Allemagne et de la Grande-Bretagne au sein de l'instance dirigeante de la Banque mondiale ont ainsi pris leur distance samedi. Cette affaire "a porté atteinte à la banque (et) n'aurait pas dû se produire", a estimé le ministre britannique au Développement Hilary Benn dans un communiqué. Toutefois, "il faut respecter le processus engagé par le Conseil d'administration" de la Banque mondiale qui examine les accusation et a promis de trouver "rapidement" une issue.

Son homologue allemande Heidemarie Wieczorek-Zeul a estimé de son côté qu'il appartenait à l'ancien numéro deux du Pentagone de "décider lui-même si, au vu de cette erreur, il peut remplir sa mission de manière crédible", faisant valoir au passage que M. Wolfowitz se voulait justement un "partisan engagé" de la lutte contre la corruption dans les pays pauvres.

L'affaire porte sur l'avancement de Shaha Riza. Ex-responsable de la communication de la Banque mondiale pour le Moyen-Orient, elle avait été détachée de l'institution en septembre 2005 pour rejoindre le département d'Etat, quelques mois après l'arrivée de Paul Wolfowitz. Selon des documents internes à la Banque, Mme Riza aurait reçu, sur ordre du président, plus de 60.000 dollars d'augmentation de salaire portant ses émoluments à quelque 200.000 dollars par an.

L'ancien artisan de la guerre en Irak, qui ne s'est pas exprimé depuis qu'il a reconnu, jeudi, avoir commis "une erreur" et présenté ses excuses, ne jouit plus que du soutien répété de l'administration Bush, qui l'a nommé. L'arrivée, vendredi, à Washington, des délégations ministérielles pour les réunions semestrielles de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international (FMI) a cristallisé l'affaire et donné lieu à d'importantes négociations de coulisse.

Le Comité de développement, l'instance dirigeante de la Banque mondiale, se réunit aujourd'hui. Dans la foulée, une nouvelle réunion des administrateurs de l'institution, qui sont à même de prendre une décision sur le sort de Paul Wolfowitz, n'est pas exclue.

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